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Au Bourget, les dirigeables sont prêts à révolutionner le fret aérien

Hybrid Air Freighters (HAF) a signé une intention d’achat de 500 millions de dollars pour 12 dirigeables Lockheed Martin LMH-1

Hybrid Air Freighters (HAF) a signé une intention d’achat de 500 millions de dollars pour 12 dirigeables Lockheed Martin LMH-1 - Lockheed Martin

Le français Hybrid Air Freighters (HAF) a signé une intention d’achat pour 12 aéronefs Lockheed Martin afin de réaliser des livraisons de fret dans des zones difficiles d'accès. Sur le secteur, la concurrence est de plus en plus rude.

Au Bourget, les projets de dirigeables qui peuvent paraître futuristes se concrétisent. Le français Hybrid Air Freighters (HAF) a signé une intention d’achat de 500 millions de dollars pour s’équiper de 12 aéronefs Lockheed Martin LMH-1, via son distributeur exclusif Hybrid Enterprises.

Le montant de la commande, si elle se concrétise, peut sembler important, mais il est très en-deçà de ce qu’auraient coûté des avions de transport de marchandises. Le dirigeable s’impose comme une solution "durable et abordable" selon Hubert de Contenson, PDG de HAF pour qui ces appareils ouvrent une "nouvelle ère pour la livraison de fret dans les zones reculées, sans recours à des infrastructures au sol coûteuses".

Une coentreprise entre Thales et Finmeccanica

Ces appareils ont en effet une capacité de portage de 21 tonnes et, grâce à des coussins d'air, n’ont besoin d’aucune infrastructure pour se poser au sol. HAF compte les utiliser pour des missions de logistique et de transport de fret sur des zones difficiles d’accès, qu'elles le soient naturellement ou bien à cause de catastrophes naturelles. Ces engins peuvent aussi réaliser des missions de surveillance, fournir du réseau dans des endroits qui ne disposent d’aucune infrastructure de télécommunications, mais aussi assurer des croisières de luxe pour découvrir d'une nouvelle manière la terre vue du ciel.

Pour Lockheed Martin, cette signature est le signe d’un véritable intérêt des professionnels du fret. En mars 2016, le groupe américain avait reçu une première option d'achat pour 12 appareils par le britannique Straightline Aviation.

Sur ce secteur qui se relance à peine après quelques décennies, la concurrence est de plus en plus rude. Ce 19 juin, Thales Alenia Space, coentreprise entre le français Thales et l'italien Finmeccanica, a signé un accord afin de prendre une participation minoritaire dans la PME française Airstar Aerospace, qui conçoit et produit notamment des dirigeables.

Le plus grand est britannique, le plus petit est français

Au Royaume-Uni, Hybrid Air Vehicles a récupéré le prototype de l’Airlander 10 qui a été développé par Northrop Grumman. L'appareil avait été endommagé près de Londres lors d'un atterrissage raté en août 2016, mais à ce jour, c'est le dirigeable le plus grand du monde avec une longueur de 92 mètres, soit 20 de plus qu'un Airbus A380. Et dans la course au gigantisme, ce n’est qu’un début.

En effet, le nouveau pari de Sergey Brin, cofondateur de Google, est de créer un aéronef de 200 mètres, soit deux fois plus grand que l’Airlander 10, mais plus petit que l’Hindenburg de Zeppelin (246 mètres) qui a connu une fin dramatique dans les années 30.

En France, une entreprise a d’autres ambitions. Il s’agit de Voliris qui a créé le Natac (Navette aérienne de transport automatique de conteneurs). L’appareil est capable de transporter 30 tonnes de matériel, mais c’est surtout le plus petit dirigeable du monde avec une envergure de 15 mètres. Une particularité qui a même été officialisée dans le Guinness des Records.

Pascal Samama avec AFP