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Le nouveau pari de Sergey Brin: créer le plus grand dirigeable du monde

On connaissait Sergey Brin pour le moteur de recherche Google et pour les Google Glass. Désormais, il s'investit dans un projet un peu moins technologique, mais tout aussi révolutionnaire: créer un dirigeable capable de mener à la fois des missions humanitaires et des croisières de luxe.

Le XXIe siècle démarre par la révolution des modes de transports. Les plus grand cerveaux de la planète planchent sur les voitures sans chauffeur ou volante, et les entrepreneurs milliardaires, comme Jeff Bezos ou Elon Musk, créent des engins pour la conquête de l’espace. Sergey Brin s’oriente dans une voie différente. Le cofondateur de Google a recruté une équipe pour construire un dirigeable, mais pas n’importe lequel. Selon une fuite obtenue par The Gardian, cet aéronef mesure 200 mètres de long ce qui en fait l’appareil volant le plus grand du monde. Et pour que ce rêve devienne réalité, Sergey Brin a investi entre 100 et 150 millions de dollars dans l’aventure.

Si ce projet peut sembler farfelu, il est loin de l’être. D’abord, le dirigeable se pose comme le moyen le plus efficace pour acheminer des produits sur des terrains difficiles d’accès. Et l’idée de Brin est de l’utiliser dans un but humanitaire pour livrer du matériel et des vivres aux populations touchées par des catastrophes naturelles. Pour financer cette ambition altruiste, le dirigeable sera également un paquebot volant de luxe pour découvrir la terre vue du ciel à toute petite vitesse, comme lors d’une promenade. Ces engins se déplacent à une centaine de kilomètres par heure, soit dix fois moins vite que la vitesse moyenne d'un avion.

Humanitaire, fret et croisières de luxe

Cette idée n’est pas la première du genre. Voliris, une entreprise française, a mis au point le Natac (Navette aérienne de transport automatique de conteneurs) capable de transporter 30 tonnes de fret. Cet appareil est le plus petit du monde et a d’ailleurs fait reconnaître cette particularité dans le Guinness des Records.

Mais, avant que le projet de Sergei Brin ne soit dévoilé, le record du plus grand dirigeable du monde était détenu par la société britannique Hybrid Air Vehicles (HAV) avec son Airlander 10 qui mesure 94 mètres de long et peut transporter 50 tonnes de fret. Comme son nouveau concurrent, il est multi-usage. Il a été conçu pour des missions humanitaires, du fret, de la surveillance et des croisières touristiques de luxe. En bref, ce moyen de transport qui peut paraître désuet est au cœur d’une compétition internationale aussi vive que celle que se mènent les constructeurs automobiles dans la voiture autonome.

C’est une évidence pour Igor Pasternak, fondateur et PDG d'Aeros, l’une des entreprises les plus avancées dans ces technologies. Selon lui, les dirigeables seront voués à être aussi révolutionnaires qu’Internet l’a été pour les communications. "Les camions ne sont bons que si les routes sont bonnes, les trains ne peuvent se déplacer sans rails, et les avions nécessitent de construire des aéroports. Par contre, les dirigeables peuvent aller partout, sans escale et à peu de frais". Selon The Guardian, Igor Pasternak a été l’un des rares à assister aux premiers essais du dirigeable de Sergey Brin.

Sur les traces de l'Akron et du Zeppelin

Pour bâtir son projet, le jeune milliardaire s’appuie sur la société Planetary Ventures, l’une des filiales d’Alphabet, maison-mère de Google. Cette entreprise aurait payé plus d’un milliard de dollars pour s’installer dans un hangar de la base aérienne de Moffett Field à Ames en Californie. Et ce lieu n’a pas seulement été choisi parce qu’il se trouve à quelques kilomètres de Mountain View où se trouve le siège de Google.

C’est sur cet aéroport civil qu’en 1933, s’est écrasé l’USS Akron, le dirigeable monumental de l’armée américaine avec, à son bord, l’amiral Moffett et 73 passagers. C’était à l’époque le plus grand du monde avec une longueur de 239 mètres. Trois ans plus tard, l’allemand Zeppelin a tenté de faire plus grand avec l’Hindenburg qui atteignait 246 mètres de long. Ce paquebot aérien est entré dans la légende d’une manière dramatique. Avec son dirigeable de 200 mètres de long, Sergey Brin va tenter de reprendre le flambeau de cette aventure aéronautique.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco