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Atsukè veut vous faire adopter les tickets de transport par SMS

Damien Bousson, président de Atsukè, sur BFM Business le 9 février.

Damien Bousson, président de Atsukè, sur BFM Business le 9 février. - Bfm Business

La métropole de Rouen Normandie a adopté lundi une nouvelle solution qui permet aux clients occasionnels d'acheter leur titre de transport par le biais d'un SMS. La somme est prélevée sur la facture de l'opérateur. Une première en France, proposée par Atsukè.

Pas de monnaie ni de carte bancaire pour acheter un titre de transport? Si vous avez un mobile, il n'y a désormais plus d'excuse pour resquiller. Cette nouvelle solution de paiement de ticket à l'unité vient d'être déployée sur le réseau de transports en commun de la métropole de Rouen Normandie depuis lundi. Une première en France. La technologie a été développée par la start-up Atsukè (belle et intelligente en japonais), qui a notamment déjà plusieurs clients en Suisse.

"À l'arrêt de bus ou dans la station de métro, il suffit d'envoyer le code V1 au 93000 et par retour de SMS je reçois mon titre de transport, et c'est fini", explique Damien Bousson, président de Atsukè, sur BFM Business. Une solution rapide et simple, qui ne nécessite pas d'avoir un smartphone ni de télécharger une application. Le coût du ticket, soit 1,60 euro, est prélevé sur la facture de l'opérateur mobile, qui prend une commission de 12%. 

"En Suisse quand on a lancé le système, la commission était de 15%, on est passé à 12% très rapidement, aujourd'hui on est à 8%, on parle de 6%", détaille le président d'Atuskè. Mais pourquoi le marché suisse a été plus enclin à adopter ce service?

"Pour des raisons réglementaires, le système que l'on utilise n'était pas possible en France. Les autorités bancaires ne sont pas les mêmes en Suisse, du coup c'était plus facile de lancer en Suisse. Cela fait deux ans que l'on travaille pour essayer de lancer le système en France. Grâce à la loi pour une république numérique adoptée l'année dernière, ce genre de transaction est désormais possible", avance Damien Bousson.

Un objectif de 400.000 tickets SMS

L'expérience suisse a permis de mettre en lumière la rapidité avec laquelle les usagers adoptent cette solution. "On constate chez tous les clients chez qui on l'installe une baisse de la fraude, une augmentation du nombre de tickets vendus parce qu'effectivement, on n'a plus d'excuse pour ne pas en acheter", se réjouit Damien Bousson. En Suisse, 30% des tickets sont désormais vendus par SMS. À Rouen, l'objectif est de vendre 400.000 titres de transports la première année.

En parallèle de la mise en place du système de vente par SMS, il a fallu adapter les équipements des contrôleurs. Leur terminal de contrôle est désormais équipé d'une application qui leur permet de scanner l'écran du téléphone sur lequel s'affiche le SMS. 

Compatible avec les tourniquets

Pour l'instant, le système a été déployé uniquement sur des réseaux de transports ouverts, qui ne sont donc pas équipés de tourniquets demandant la validation du titre de transport pour accéder aux quais. "Mais on travaille sur un certain nombre de technologies qui permettent de transformer le signal que l'on récupère par le SMS vers d'autres technologies qui permettraient de passer les tourniquets", précise le président d'Atsukè.

D'autres communes devraient prochainement adopter ce système de paiement par SMS. "On a rencontré une bonne soixantaine d'autorités organisatrices et d'exploitants de réseaux de transports. Une dizaine attendait que Rouen soit lancé pour pouvoir accélérer le système", conclut Damien Bousson.

C.C.