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Alstom gèle le projet de fermeture du site de Belfort

Le PDG du constructeur ferroviaire a décidé de suspendre son projet de fermeture du site de Belfort, et préfère attendre le plan du gouvernement.

Alstom a décidé de suspendre son projet de fermeture du site de Belfort. Selon nos informations, Henri Poupart-Lafarge, le PDG du constructeur ferroviaire, préfère attendre que le gouvernement annonce son plan. Une déclaration qui sera faite le 4 octobre. 

Un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire consacré à la stratégie d'Alstom et à l'usine historique du constructeur ferroviaire, où 400 emplois sur 480 sont menacés, a eu lieu à 14h30 au siège du groupe à Saint-Ouen, près de Paris, en présence du PDG Henri Poupart-Lafarge. Selon les syndicats, il ne leur a "rien" dit. "C'était une réunion pour rien, il ne nous rien appris de nouveau. Il attend les décisions du gouvernement qui devraient intervenir d'ici à la fin de semaine ou début de semaine prochaine", a dit à l'AFP Daniel Dreger (CGT).

C'était le premier face-à-face entre le PDG et les représentants du personnel depuis que le groupe a annoncé, il y a bientôt trois semaines, son intention d'arrêter la production de trains à Belfort d'ici deux ans, faute de commandes.

Alstom veut transférer l'activité à Reichshoffen, une commune alsacienne située à 200 kilomètres. Seule l'activité de maintenance serait maintenue dans la cité franc-comtoise.

Un enjeu politique

À sept mois de l'élection présidentielle, l'avenir du site de Belfort est devenu un enjeu politique national, d'autant que l'État possède 20% du capital d'Alstom. François Hollande a fait de son maintien un "objectif", soucieux d'éviter une déflagration similaire à la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, en Lorraine, en début de quinquennat.

Après avoir dénoncé l'annonce "brutale" d'Alstom, le gouvernement a promis des "réponses" d'ici "la fin du mois" pour sauver l'usine, d'où est sorti le premier TGV en 1971 et dont dépendent près de 900 emplois indirects.

Mardi, les "Alsthommes" se feront entendre. Les 9.000 salariés du groupe en France sont appelés à la grève par l'intersyndicale (CFE-CGC, CGT, CFDT, FO) qui organise une manifestation à 11h00 devant le siège. Symboliquement, ils ont choisi d'affréter un TGV pour venir de Belfort et d'Ornans (Doubs). Entre "1.000 et 1.500 personnes" sont attendues, d'après un des organisateurs.

Le même jour, Henri Poupart-Lafarge sera auditionné à l'Assemblée nationale par la commission des Affaires économiques.

D. L.