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Alstom-Bombardier: "la question n'est pas du tout de restructurer" promet Henri Poupart-Lafarge

Interrogé par BFM Business, le PDG d'Alstom est revenu sur le rachat des activités ferroviaires de Bombardier, annoncé lundi.

Henri Poupart-Lafarge peut avoir le sourire. Le PDG d'Alstom a annoncé, lundi, le rachat des activités ferroviaires de son concurrent Bombardier. Le constructeur français a ainsi signé un protocole d'accord avec Bombardier et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour racheter 100% de Bombardier Transport, branche ferroviaire du conglomérat canadien, pour un prix compris entre 5,8 et 6,2 milliards d'euros en cash et en actions.

"Aujourd'hui, le marché ferroviaire connait une croissance inégalée" explique le patron d'Alstom sur BFM Business. "C'est la transition de la mobilité vers une mobilité plus durable, plus verte et effectivement, cela favorise naturellement le ferroviaire qui répond à ces défis."

Dans ces circonstances, "nous avons besoin de croître pour pouvoir plus innover" assure-t-il. "L'objectif premier de cette opération, c’est de permettre d'élargir notre capacité d'investissement et notre capacité d'innovation. Cela va nous permettre effectivement dans l'absolu d'être meilleur et aussi d'être meilleur relativement peut-être à d'autres concurrents, CRRC (le constructeur chinois, ndlr) en est un, mais il y en a bien d'autres."

Le PDG est aussi revenu sur les risques de casse sociale qu'entraîne ce rachat. "C'est une opération offensive dans un marché en croissance donc la question n'est pas du tout de restructurer" a-t-il affirmé. "Bien au contraire, nous avons besoin de tous les talents de Bombardier Transport et de tous les talents d'Alstom afin de répondre à ces défis."

Reste la question de la Commission européenne qui doit encore valider ce rachat, alors qu'elle s'était opposée à une fusion entre Alstom et Siemens pour des risques d'atteinte à la concurrence. "La dernière fois, l'opération a buté sur le problème de la signalisation" détaille Henri Poupart-Lafarge. "Bruxelles a considéré qu'il y avait trois grands acteurs de la signalisation – Alstom, Siemens et Thalès – et qu'elle ne voulait pas voir deux d'entre eux fusionner. Nous ne sommes pas du tout dans ce cas-là, Bombardier est beaucoup plus petit en signalisation."

Surtout, "Bruxelles connait beaucoup mieux le dossier également puisqu'elle a eu l'occasion d'étudier le marché ferroviaire pendant de longs mois et donc nous sommes dans une zone beaucoup plus certaine" assure le patron.

Thomas Leroy