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Air France-KLM: qui pour succéder à Jean-Marc Janaillac?

Jean-Marc Janaillac quittera la tête de la compagnie le 15 mai.

Jean-Marc Janaillac quittera la tête de la compagnie le 15 mai. - Eric Piermont / AFP

Le patron d'Air France-KLM quittera son poste le 15 mai. Le conseil d'administration, dans lequel siège l'État français, devrait nommer une personne pour assurer l'intérim, le temps de trouver le ou la candidat(e) idéal(e) pour permettre à la compagnie d'affronter la concurrence.

Il a tenté le tout pour le tout, mais Jean-Marc Janaillac a finalement perdu son pari. Refusant de céder à la demande des syndicats d'accorder une augmentation de 6% aux salariés, le PDG d'Air France-KLM a lancé une consultation auprès du personnel pour tenter de mettre fin à ce conflit qui dure depuis février. Vendredi, 55% des votants ont rejeté le projet d'accord proposé par la direction. Face à cette défaite, le patron de la compagnie a tenu sa promesse et a annoncé sa démission. 

Arrivé à la tête de la compagnie en juillet 2016, Jean-Marc Janaillac a accepté de rester jusqu'au 15 mai, le temps pour le conseil d'administration de trouver "une solution de gouvernance de transition". L'État français, actionnaire à 14% du groupe mais qui détient 19% des droits de vote, va donc commencer par nommer une personne pour assurer l'intérim pour se laisser le temps de trouver le candidat idéal. 

Pour assurer cette mission, le nom de Anne-Marie Idrac, 66 ans, est avancé. Cette énarque présente un CV bien rempli. Elle a occupé le poste de secrétaire d'État aux Transports dans le gouvernement d'Alain Juppé, avant de devenir présidente de la RATP, puis de la SNCF pour vingt mois. Guillaume Pepy lui succède en 2008. Proche d'Emmanuel Macron, elle siège au conseil d'administration d'Air France-KLM depuis novembre et doit bientôt quitter son poste à la tête de l'aéroport Toulouse-Blagnac.

Anne-Marie Idrac devant l'aéroport de Toulouse-Blagnac, en mai 2015.
Anne-Marie Idrac devant l'aéroport de Toulouse-Blagnac, en mai 2015. © Remy Gabalda / AFP

Fabrice Brégier, Catherine Gouillard... qui aura le poste?

Une fois l'intérim passé, qui prendra les rênes de la compagnie? Avec un salaire fixe de 600.000 euros, pas très élevé pour le secteur, le poste n'est pas des plus attractifs. Souvent, ce sont des énarques, à l'image d'Alexandre de Juniac et de Jean-Marc Janaillac, qui sont désignés, notamment pour des questions de proximité avec l'État français (le second ayant fait partie de la promotion Voltaire, la même que François Hollande).

Les observateurs citent plusieurs noms, à commencer par Fabrice Brégier, polytechnicien et ex-numéro deux d'Airbus, il est libre depuis février. L'actuelle PDG de la RATP, Catherine Gouillard, qui a notamment passé dix ans à Air France entre la direction financière et celle des ressources humaines, serait également une candidate potentielle. 

D'autres noms circulent: celui de Lionel Guérin, ancien pilote de ligne qui a occupé le poste de PDG de Transavia. La direction d'Air France puis d'Air France-KLM lui sont passées sous le nez au profit d'Alexandre de Juniac et de Jean-Marc Janaillac. Enfin, Pierre Mongin, actuellement directeur général adjoint d'Engie mais surtout ex-patron de la RATP, pourrait aussi prétendre au poste.

Le successeur de Jean-Marc Janaillac héritera de toute façon d'une situation difficile. Il ou elle devra résoudre le conflit social et trouver la bonne formule pour permettre à la compagnie de défier ses concurrents dans un secteur promis à une forte croissance dans les prochaines années. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a prévenu: "Air France disparaîtra si elle ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires."

J.-C.C.