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Affaire Volkswagen: le gouvernement allemand était-il au courant?

L'usine Volkswagen de Wolfsburg

L'usine Volkswagen de Wolfsburg - Andreas Praefcke - Flickr - CC

A en croire le quotidien allemand Die Welt, les pratiques mises en cause dans le scandale éclaboussant le constructeur étaient connues depuis longtemps par l'exécutif allemand et la Commission européenne.

Angela Merkel n'avait pas mis longtemps avant de taper du poing sur la table dans le cadre du scandale Volkswagen. La chancelière allemande avait ainsi, réclamé, mardi "la totale transparence sur l'affaire" de la part du constructeur de Wolfsburg. Mais est-ce que Berlin n'était pas déjà au courant des pratiques du mastodonte germanique de l'automobile? A en croire les informations rapportées par le site du très sérieux quotidien allemand Die Welt, la réponse serait plutôt "oui".

Selon ce média conservateur, le gouvernement allemand, mais aussi la Commission européenne, était "depuis longtemps" au fait des manœuvres qui valent aujourd'hui à Volkswagen d'être poursuivi au pénal par la justice américaine et de risquer une amende qui pourrait aller jusqu'à 18 milliards de dollars.

Die Welt s'appuie en fait sur un document émanant du ministère allemand des transports: la réponse à une question écrite posée par les Verts allemands, le 28 juillet dernier. Dans leur question, les Verts soulevaient justement le problème des technologies permettant de détecter si un véhicule passe un test et, en conséquence, de réduire les émissions polluantes. Les Verts ne faisaient pas particulièrement référence aux moteurs diesel ou essence.

Dans sa réponse très alambiquée, le ministère allemand des Transports avait alors implicitement reconnu l'existence de cette technologie, selon Die Welt.

La crédibilité de Berlin entamée

Le ministère précisait par ailleurs que "le gouvernement fédéral appuie dans ce contexte les travaux en cours sur la poursuite du développement du cadre réglementaire de l'UE, en particulier dans le but de réduire les émissions réelles des véhicules à moteur ". Die Welt déduit par cette phrase que Berlin était, de plus, en train d'échanger avec Bruxelles à ce sujet.

Avec ces informations, le co-leader du groupe parlementaire des Verts au Bundestag, Olivier Krischer estime que le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt a perdu sa crédibilité. Ce dernier avait indiqué mardi avoir créé une commission pour vérifier que les modèles construits par le groupe allemand respectent les normes européennes et germaniques. "Que Dobrindt se pose maintenant en sauveur de l'industrie allemande est scandaleux", déplore ainsi Krischer qui regrette que l'exécutif allemand n'ait rien accompli jusqu'à présent.

J.M.