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Affaire Nissan : Carlos Ghosn "prêt à se défendre de façon vigoureuse"

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- - Kazuhiro NOGI / AFP

Carlos Ghosn comparaîtra mardi devant un tribunal de Tokyo. Son fils parle d'un homme déterminé à se défendre.

Une dizaine de kilos perdus, des conditions de détention «pas très saines», sans contact avec ses proches: Anthony Ghosn évoque la situation de son père dans un entretien au Journal du Dimanche. Il décrit un homme très calme, prêt à se défendre de façon vigoureuse devant un tribunal de Tokyo.

C'est mardi que le PDG de Renault sera entendu, à sa demande. L'audience est prévue à 10h30 heure locale, 2h30 heure de Paris. Il s'agira là de sa première apparition publique depuis son incarcération le 19 novembre dernier. Carlos Ghosn comparaîtra menotté, dans sa tenue de prisonnier. L'occasion de répondre aux accusations lancées contre lui, mais aussi d'obliger le procureur à clarifier publiquement le motif de sa détention prolongée.

Depuis un mois et demi, Carlos Ghosn est coupé du monde, contraint au silence. Les contacts avec ses proches sont interdits. Son fils n'a pas de nouvelles directes de lui depuis son incarcération, seulement par la voix de ses avocats japonais. Des avocats qui ne peuvent pas assister aux interrogatoires, qui n'ont pas accès aux pièces du dossier, et qui ne s'expriment pour ainsi dire pas.

Anthony Ghosn explique que son père pourrait être libéré, mais à condition de signer des aveux. «Le paradoxe, c'est que la confession qu'on lui demande de signer est écrite exclusivement en japonais», une langue que le PDG de Renault ne parle pas. Depuis son incarcération, il peut «dire au procureur qu'il conteste ce qu'on lui reproche, ou au contraire avouer et être libéré. Depuis sept semaines, sa décision a été assez claire».

Dix minutes pour convaincre devant le tribunal

Cette audience «va être très importante», assure-t-il. «Pour la première fois, il pourra s'exprimer sur les faits qu'on lui reproche, donner sa vision. Je pense que tout le monde sera assez surpris en entendant sa version de l'histoire. Jusqu'à maintenant, on a seulement entendu l'accusation. Il aura dix minutes pour s'exprimer» et «il ne lâchera rien», poursuit Anthony Ghosn.

Un homme déterminé donc, malgré des conditions de détention difficile. «Il résiste, même s'il a perdu une dizaine de kilos en mangeant trois bols de riz par jour. Les conditions ne sont pas très saines. Mais il prend tout ça comme un challenge».

Carlos Ghosn a été inculpé le 10 décembre pour minoration illégale de ses revenus dans des rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières. Le 21 décembre, alors qu'il pouvait théoriquement être libéré sous caution, il a été remis en garde à vue pour de nouvelles charges. Il est soupçonné d'avoir fait couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels pendant la crise de 2008.

Son fils, lui, se dit convaincu de l'innocence de son père: «Tout ce que je peux dire, c’est qu’il a géré des entreprises cotées pendant vingt ans sans éveiller la moindre suspicion. Son bilan est irréprochable».

Sandrine Serais