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Affaire Ghosn : 11 millions de dépenses suspectes

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- - Behrouz Mehri - AFP

L’audit interne, réalisé au sein de la filiale commune de Renault et Nissan, a mis en évidence des possibles irrégularités. Des poursuites sont envisagées.

L’affaire se complique terriblement pour Carlos Ghosn qui pourrait voir son ex-entreprise Renault se retourner contre lui. L’audit interne, mené conjointement par Renault et Nissan au sein de leur filiale commune RNBV, a ainsi mis en évidence 11 millions d’euros de dépenses suspectes par l’ancien homme fort du groupe, toujours au Japon.

« Ce montant couvre différents types de dépenses, à savoir : les surcoûts de déplacements de M. Ghosn par avion, certaines dépenses engagées par M. Ghosn et des dons ayant bénéficié à des organismes à but non lucratif » précise le communiqué de Renault, publié à l’issu du Conseil d’administration, mardi soir.

Des poursuites envisagées

« Sur la base de ces constats, le Conseil d’administration a décidé, en complément des mesures décidées lors de sa séance du 3 avril dernier, de demander aux représentants de Renault de se rapprocher de leurs homologues de Nissan dans les instances de gouvernance de RNBV en vue de la mise en œuvre des actions judiciaires disponibles aux Pays-Bas » indique le communiqué.

La société RNBV, filiale à 50-50 entre Renault et Nissan, était la structure créée par Carlos Ghosn pour incarner l'alliance au niveau opérationnel. Depuis plusieurs mois, Nissan accusait cette structure de masquer des dépenses au profit personnel de l’ancien PDG.

Ce nouveau rebondissement intervient alors que Renault réfléchit toujours à l’opportunité d’une fusion avec FCA, dans un contexte de forte défiance entre le constructeur français et son allié Nissan.

De son côté, Carlos Ghosn est toujours au Japon, libéré sous caution. Sous le coup de quatre inculpations par la justice japonaise, il est accusé de dissimulations de revenus dans des documents boursiers et de différents d'abus de confiance aggravé.

La rédaction avec AFP