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10 chiffres inattendus qui pointent les faiblesses du train en France

Le rapport de l'Arafer souligne avec précision les faiblesses du train en France.

Le rapport de l'Arafer souligne avec précision les faiblesses du train en France. - Mehdi Fedouach-AFP

Le train continue de perdre du terrain en France face aux autres modes de transport, contrairement aux autres pays européens. Un rapport du régulateur du secteur, l'Arafer, fourmille de données inédites qui soulignent les faiblesses du transport ferroviaire. État des lieux en 10 chiffres.

Depuis 2011, la fréquentation des trains de voyageurs recule alors que celle des autres modes de transport (voiture particulière, avion, autocar) progresse. Ce constat sévère est dressé par le régulateur du secteur du transport ferroviaire et routier, l'Arafer. Dans son rapport sur le marché français du transport ferroviaire de voyageurs (2015-2016), il s'appuie sur un kyrielle de chiffres -souvent méconnus- qui pointent les faiblesses et les déséquilibres du système ferroviaire français dont le TGV n'est souvent que l'arbre qui cache la forêt.

  • 1%. Avec près de 87 milliards de passagers.km en 2016, dont 53 % transportés en TGV domestique, la fréquentation des services ferroviaires de voyageurs sur le RFN est en baisse de 1 % sur un an. "Cette baisse de la fréquentation traduit une relative perte d’attractivité du mode ferroviaire, alors que les autres modes de transport affichent une croissance sur la même période" déplore l'Arafer.
  • 0,7%. Le taux de croissance annuel moyen de la fréquentation ferroviaire est de 0,7% dans l'Hexagone. Ce qui place la France au 10ème rang sur ce critère, derrière le Royaume-Uni (2ème ; +3,5 %), l’Allemagne (6ème ; +1,6 %) et l’Italie (7ème ; +1,4 %). "La croissance annuelle moyenne des pays membres de l’IRGRAIL était en outre de 1,5 % sur la même période, soit près de deux fois le taux de croissance observé en France" constate le document.
  • 9,2%. Avec une part modale de 9,2 % en 2016, en baisse depuis 2011, le transport ferroviaire ne profite pas de l'essor de la mobilité observé en France. Entre 2011 et 2016, la fréquentation des services ferroviaires affiche en effet une décroissance annuelle de 0,5 % en moyenne, alors que les autres modes sont en croissance en France, qu’ils soient routiers (+1,4 %) ou aériens (+1,9 %).
  • 20%. C’est la proportion (assez catastrophique) de trains régionaux en retard en 2016 aux heures de pointe en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), soit le moins bon service ferroviaire rendu de toutes les régions françaises. La moyenne se situe à 11 % de trains en retard aux heures d’affluence. L’écart de PACA avec les régions au taux de retard les moins élevés est notable: Bretagne (6 %) et Alsace (7 %).
  • 55%. C'est le pourcentage, sur le total des minutes perdues par les trains de voyageurs en 2015, de celles qui sont liées à des causes "maîtrisables" par l'entreprise ferroviaire (SNCF) ou le gestionnaire d'infrastructures (SNCF Réseau) comme la défaillance de matériels roulants, la défaillance d'infrastructures ou la gestion des chantiers travaux ou le non-respect de la marche tracée. Au total, 6,2 millions de minutes ont été perdues pour ces différentes raisons.
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  • 1,9%. Les services TER affichent un taux d’annulation "de dernière minute" de 1,9 %, le plus élevé parmi les services ferroviaires. Cela représente 40 000.TER annulés "en dernière minute" sur l’année 2016, "répartis avec une relative homogénéité pendant toute l’année, sans être corrélés aux périodes de grève" constate le rapport de l'Arafer.
  • 18%. Concernant les TGV, qui sont loin d'être vertueux en matière de ponctualité, le taux de retard moyen s’élève à 18 %. Il dépasse les 20 % entre 14h et 20h et atteint 25 % lors de la pointe du vendredi après-midi. Près de 20 % des retards sont supérieurs à 30 minutes.
  • 25%. C'est le (faible) taux d'occupation des services régionaux (TER). Il masque des disparités fortes selon les régions, avec un taux d'occupation moyen des trains de 31 % en Midi-Pyrénées, 16 % seulement en Bourgogne et de 15 % dans le Limousin. "Le chiffre bas de Bourgogne (16 %) s’explique par des capacités d’emport relativement élevées (434 sièges contre 307 pour l’ensemble des Régions). La plus forte baisse du taux d’occupation apparaît en Poitou-Charentes (-2,1 points) et est principalement due à la forte contraction de la demande (-10,7 %)" souligne le rapport du régulateur.
  • 80%. C'est la part des circulations de trains de voyageurs qui s’effectuent sur seulement 27 % des lignes du réseau ferré national. De même, 31 % du réseau ne voit passer que 1 % des circulations de trains de voyageurs. Ce constat pose l'épineuse question du maintien de ces lignes ferroviaires très peu utilisées.
  • 5%. Les données de fréquentation de l'Arafer intègrent les passagers bénéficiant de la gratuité des services ferroviaires, c'est à dire les voyageurs munis de billets de trains gratuits: les cheminots et les membres de leur famille. A titre d’exemple, cela a représenté près de 5 % des passagers sur le trafic total des utilisant les TGV domestiques en 2016. Ce sont autant de recettes commerciales perdues pour la SNCF, au titre des avantages acquis dont bénéficie son personnel.
Frédéric Bergé