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Thème n°2 : L’essence

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Dilemne : comment lisser les hausses de carburant et répercuter le plus rapidement possible les baisses de tarifs ?

G C : Dans les postes de dépenses très lourdes en ce moment, il y a l’essence ; notamment pour les Français qui ont des véhicules mais aussi pour les entreprises qui ont des commerciaux, des routiers sur la route, les marins pêcheurs, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps… Le Gouvernement refuse de baisser la fiscalité sur l’essence et demande aux pétroliers de s’engager à lisser dans le temps les hausses, à être plus rapides à baisser les prix…
L C : D’abord je voudrais modérer votre premier propos. C’est vrai que l’essence augmente. En même temps, depuis le début de l’année, le prix du baril a augmenté de 80%, le prix à la pompe a augmenté de 15%. Cela parce que l’euro nous a aidé et a joué un rôle d’amortisseur. Deuxième élément : c’est vrai que c’est une part importante du budget des ménages, c’est 3.5%, donc ce n’est donc pas négligeable. Il y a 20 ans, c’était 4.5%. Ça veut dire que sur une longue période, avec les économies d’énergie, avec les nouvelles technologies et avec l’euro qui nous protège aujourd’hui d’une hausse du pétrole, on a réussi à amortir tout ça. Ce n’est pas suffisant et c’est la raison pour laquelle Christine Lagarde, Hervé Novelli et moi-même, nous avons réuni les pétroliers vendredi. Je crois qu’il en est sorti un certain nombre de choses, en particulier l’engagement des pétroliers à lisser les hausses.

G C : Ma question était pourquoi ne pas baisser les taxes ? Pour aider les Français puisque finalement vous êtes le Gouvernement du pouvoir d’achat et que c’est un poste important ?
L C : Tout simplement parce qu’il faut être un peu responsable dans la vie politique ; on ne peut pas, une semaine, réunir le monde entier en expliquant que le pétrole à vocation durable a augmenté et qu’il faudra apprendre à s’en passer. Et la semaine suivante, annoncer que l’on va baisser artificiellement le prix du pétrole en baissant les taxes. Je crois qu’il faut que nous ayons une vision sur le long terme : on va avoir à faire des economies. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement lance une prime à la casse qui sera effective à la fin de l’année et qui a pour objectif d’aider nos concitoyens à changer de véhicules. Ainsi, ils baisseront leur consommation de carburant.

G C : Pourquoi ne pas transférer une partie des recettes fiscales que vous percevez sur l’essence sur le développement d’énergie propre, sur le développement de transports en commun ?
L C : C’est le sujet qui a été évoqué au cours du Grenelle de l’Environnement et effectivement le président de la République a souhaité qu’on creuse cette piste. C’est l’idée du développement de la taxe carbone. On ne veut pas que l’environnement soit une punition pour les Français. On veut qu’il y ait une adhésion à une politique ambitieuse et nous pensons que le France doit être exemplaire en la matière.

La rédaction-Bourdin & Co