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Syndicat chez Amazon: les salariés doivent revoter

Le logo du géant américain de la distribution Amazon, le 30 mars 2020 dans un centre à Staten Island à New York

Le logo du géant américain de la distribution Amazon, le 30 mars 2020 dans un centre à Staten Island à New York - Angela Weiss © 2019 AFP

L’agence américaine du droit du travail estime que le premier vote ne s'est pas réalisé dans de bonnes conditions.

Camouflet pour Amazon. L’agence américaine du droit du travail estime que le géant américain a enfreint le droit lors de l'organisation du vote des salariés d'un de ses entrepôts en Alabama visant à créer le premier syndicat dans l'entreprise. Rappelons que la firme se bat bec et ongle contre cette perspective.

En clair, Amazon devra faire revoter ses salariés, l'agence estimant que le premier vote en avril dernier (débouchant sur le "non" des salariés) ne s'était pas déroulé dans de bonnes conditions.

L'agence s'appuie sur les accusations du syndicat RWDSU qui dénonce des pratiques illégales de la direction, des menaces de licenciements et surtout la présence de caméras dans la pièce qui accueillait l'urne pour le vote.

Caméras au-dessus de l'urne

L'organisation du premier vote avait été marqué par la multiplication de toutes sortes de tactiques de dissuasion par la direction, des textos vantant les avantages sociaux aux affiches dans les toilettes.

Selon des salariés, lors de "réunions d'information", Amazon avait brandi l'épouvantail des cotisations syndicales élevées (près de 500 dollars par an) et insisté sur les revenus actuels d'au moins 15 dollars par heure, plus du double du salaire minimum dans cet Etat pauvre.

"Comme la plupart des employeurs américains, Amazon veut maintenir son pouvoir sur tout, et s'assurer que les travailleurs ne peuvent rien négocier", analysait alors Rebecca Givan, professeure en relations sociales à la Rutgers University.

Selon elle, le groupe de Seattle est prêt à "des dépenses quasi illimitées", pour "prouver que toute tentative est vouée à l'échec et décourager d'avance les autres salariés".

Dans un contexte sanitaire particulier, où beaucoup de salariés se sont retrouvées en première ligne, le président Joe Biden a souligné l’importance du libre choix de se syndicaliser.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business