BFM Business

Tim Cook dénonce la "stupidité" et "l’anti-américanisme" de l’Europe

Pour Tim Cook, PDG d'Apple, le redressement est une mesure de rétorsion contre une entreprise américaine.

Pour Tim Cook, PDG d'Apple, le redressement est une mesure de rétorsion contre une entreprise américaine. - Andrew Burton - Getty Images North America/AFP

Le redressement fiscal imposé par la Commission européenne à Apple ne passe pas. Dans un entretien à la presse irlandaise, le patron de la firme dénonce la "stupidité politique absolue" des institutions européennes.

Apple est-il victime d’une cabale de l’Europe pour redresser ses comptes? Pour Tim Cook, cela ne fait aucun doute. Il n’a d’ailleurs pas attendu longtemps pour le faire savoir dans la presse irlandaise, dans les journaux et à la radio. Et comme le révèle Reuters, le patron d'Apple ne mâche pas ses mots pour dire tout le bien qu’il pense de la situation.

Pour Tim Cook, l’affaire met en lumière la "stupidité politique absolue" de Bruxelles. Il propose même au gouvernement irlandais de rester soudés "pour combattre le verdict de Bruxelles". Il considère même que la décision d’imposer un redressement repose surtout sur une forme de xénophobie.

"Dans cette affaire, personne n’a rien fait de mal" explique-t-il, et il se dit victime d’un "sentiment antiaméricain". "C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons pu être visés", affirme-t-il, oubliant toutefois les redressements d’entreprises européennes par la Commission européenne comme EDF qui a dû rembourser 1,4 milliard d’euros à la France en 2015. Avant les 13 milliards d'Apple, ce montant était le plus lourd jamais infligé par l'Europe à une entreprise. Plus récemment, Fiat a remboursé 20 millions d’euros au Luxembourg pour avoir bénéficié, comme Apple, d’avantages fiscaux indus.

"C'est certes légal, mais ce n'est pas bien"

Et, à en croire les propos de Jack Lew, secrétaire américain au Trésor, ce n’est pas le seul Américain à voir dans le redressement d’Apple une mesure de rétorsion contre les entreprises américaines. "La tendance des initiatives" de la Commission européenne "apparaît fortement viser d'abord les firmes américaines", a-t-il déclaré en estimant que "ce geste crée de l'incertitude" ce qui pourrait pénaliser "l'économie européenne". Il poursuit en indiquant que selon lui, c’est "une tentative de piocher dans l'assiette fiscale des États-Unis".

Malgré tout, Jack Lew s’inquiète des méthodes d’optimisation fiscale des GAFA et a même lancé récemment des directives pour mettre un frein à l'évasion fiscale des grandes sociétés qui s'installent à l'étranger pour échapper à l'impôt américain. Il regrette même la lenteur de la réforme du code fiscal concernant les entreprises sur le sol américain. "On a fait des progrès (...). Il y a l'espoir que cela se fasse, peut-être pas dans le cours de mon mandat, mais celui de la prochaine administration" a-t-il souhaité.

Pour finir, le secrétaire d’État a aussi prévenu les grandes entreprises américaines sur leur stratégie fiscale. "J'ai dit à beaucoup de dirigeants d'entreprises qu'ils devaient être très prudents quand ils ne pensaient qu'à exploiter au maximum les avantages fiscaux". "C'est certes légal, mais ce n'est pas bien", a-t-il admis.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco