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Télécom: les chinois ZTE et Huawei dans le viseur de Bruxelles

Comme ZTE, Huawei est soupconnée de bénéficier d'aides de l'Etat chinois.

Comme ZTE, Huawei est soupconnée de bénéficier d'aides de l'Etat chinois. - -

La Commission européenne estime que les deux équipementiers bénéficient de subventions de Pékin, leur permettant de vendre à perte. Elle va leur adresser, ce 15 mai, un avertissement pour mettre fin à ces pratiques commerciales déloyales.

Les relations entre l’Union européenne et Pékin, déjà tendues à cause du dossier des panneaux solaires, ne vont pas prendre la voie de l’apaisement. Bruxelles entend désormais faire barrage à ZTE et à Huawei, qui contrôlent près du quart du marché européen des équipements télécoms.

Karel de Gucht, le commissaire en charge du commerce extérieur, va leur adresser, ce mercredi 15 mai, une lettre d’avertissement afin qu’ils cessent leur pratiques commerciales déloyales.

"Nous voulons leur dire que s’ils ne changent pas leurs pratiques, il y aura des taxes", a déclaré à l’AFP une source proche du dossier. Et d’ajouter que cette démarche était soutenue par le Président de la Commission, José Manuel Barroso.

Les deux équipementiers sont soupçonnés de recevoir des aides massives à l’exportation de l’Etat chinois et de vendre à perte. Des accusations qu’ils ont toujours récusées, justifiant leur faible tarif par des coûts de fabrication moindre.

La sécurité mise en doute

D’autres pays ont déjà mis en place des mesures pour évincer les groupes chinois. Ainsi, les Etats-Unis et l’Australie ont fermé leur marché à Huawei, et l’Allemagne l’a exclu l’an dernier d’un appel d’offres pour la fourniture d’infrastructures pour un réseau de recherche universitaire.

Car, en plus de pratiques commerciales douteuses, se pose aussi la question de la sécurité des systèmes d’informations confiés à des acteurs proches du régime chinois. Le sénateur UDI Jean Marie Bockel, dans un rapport publié en octobre 2012 sur la cyberdéfense, a recommandé leur interdiction pour les éléments les plus sensibles du cœur de réseaux.

Coralie Cathelinais