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Telecom Italia veut-il diluer la part de Niel et Bolloré?

Telecom Italia pourrait convertir des actions.

Telecom Italia pourrait convertir des actions. - Tiziana Fabi - AFP

L'opérateur va proposer de convertir ses actions d'épargne en actions ordinaires. Une opération qui n'est pas sans conséquence pour les actionnaires.

Du mouvement chez Telecom Italia. L'opérateur va proposer de convertir ses actions d'épargne en actions ordinaires, une initiative qui pourrait viser à diluer la part de ses principaux actionnaires, les Français Xavier Niel et Vincent Bolloré. Le conseil d'administration, réuni jeudi, va proposer lors d'une assemblée générale convoquée pour le 15 décembre aux détenteurs d'actions d'épargne (c'est-à-dire offrant à leurs détenteurs la priorité en matière de distribution du dividende mais les privant du droit de vote en assemblée générale) de les échanger contre des actions ordinaires, selon un communiqué du groupe. Ils recevront une action ordinaire et 9,5 centimes pour chaque action d'épargne, précise-t-il.

L'objectif de cette opération est de "simplifier la structure de la société et d'accroître le flottant et d'améliorer la liquidité des actions ordinaires", selon l'entreprise, qui ne fait aucune allusion aux récentes spéculations liées aux bouleversements au sein de son capital avec l'arrivée de deux importants investisseurs français en l'espace de quelques mois.

Mais le quotidien financier Il Sole 24 Ore y voit davantage une manoeuvre destinée à "diluer la position dans l'actionnariat des actionnaires Vivendi, d'environ 20% aujourd'hui, et de Xavier Niel (15,143% de participation potentielle)". Ce dernier, apparu à la surprise générale ces derniers jours au capital de Telecom Italia, a affirmé ne pas agir de concert avec Vincent Bolloré, mais ses intentions concernant le groupe restent pour l'heure inconnues.

Bénéfice net de 362 millions

Telecom Italia avait déjà envisagé à plusieurs reprises au cours des dernières années de convertir ses actions d'épargne, souligne le journal La Repubblica, qui note lui aussi qu'une telle opération peut "constituer un obstacle au rachat du groupe par les Français". Selon le quotidien, le capital de Telecom Italia est actuellement composé de 13,5 milliards d'actions ordinaires et de 6 milliards d'actions d'épargne.

Une conversion se traduirait donc par une dilution de 31% des droits de vote des actuels actionnaires. Elle pourrait donc faire descendre la part de Vivendi à 14%. Le cas de Niel dépendrait d'éventuelles clauses liées au statut des options qu'il a acquises.

Telecom Italia a par ailleurs dévoilé ses résultats sur neuf mois: ils font état d'un bénéfice net de 362 millions, en baisse de 63,2% par rapport à 2014. Le résultat brut d'exploitation s'établit à 5,6 milliards d'euros, en baisse de 14,8% et le chiffre d'affaires à 14,9 milliards d'euros, en recul de 6,9%. La dette a reculé de 188 millions d'euros au cours du trimestre à 26,804 milliards d'euros.

Sur le marché domestique, la reprise progressive de l'activité est "confirmée et renforcée" par rapport aux trimestres précédents, souligne le groupe. Au Brésil, la conjoncture a continué à se détériorer, mais la filiale Tim Brasil a réussi à maintenir sa part de marché dans la téléphonie mobile, note le groupe. Les investissements en capital ont atteint 3,233 milliards d'euros en neuf mois, soit une hausse de 22,5% sur un an. Quelque 71% de cette somme est consacrée au marché national et le reste au Brésil.

D. L. avec AFP