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Technicolor: l'usine d'Angers liquidée mais deux offres de reprise sont toujours en lice

Colère des salariés, manifestant ici devant le siège de Technicolor à Issy-les-Moulineaux

Colère des salariés, manifestant ici devant le siège de Technicolor à Issy-les-Moulineaux - -

La liquidation a été prononcée par le tribunal de commerce, laissant sur le carreau 351 salariés.

Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé jeudi 11 octobre la liquidation sans poursuite d'activité de l'usine Technicolor d'Angers, laissant sur le carreau les 350 salariés du site. Ils font face à des perspectives de reconversion difficiles, avec une moyenne d'âge de 53 ans, selon les syndicats.

Les salariés ont annoncé leur intention d'occuper le site pour obtenir de Technicolor des primes supra-légales de licenciement. Selon l'avocat du comité d'entreprise, Me Jean-Pierre Bougnoux, une action judiciaire pourrait être engagée à l'encontre de Technicolor pour que l'entreprise "finance un plan social".

En outre, "l'intersyndicale demande que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault convoque le directeur général [de Technicolor] Frédéric Rose, pour lui demander des comptes et pour lui demander d'assumer financièrement la responsabilité de la liquidation de l'usine d'Angers", a indiqué un porte-parole de l'intersyndicale, Guillaume Trichard.

Dernier site de production en Europe de l'ex-Thomson, l'usine était spécialisée dans la fabrication de décodeurs numériques (box TV). Le site angevin avait déposé son bilan le 25 mai et avait été placé en redressement judiciaire le 1er juin.

Jean-Claude Antonini, président PS de l'agglomération d'Angers, a réaffirmé jeudi que la collectivité locale était prête à racheter le site industriel et l'outil de production de Technicolor pour "continuer à faire vivre l'activité". L'idée serait de reprendre une activité industrielle sur le site avec réembauche d'une partie des salariés.

Interrogations sur le rôle d'Orange

La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, avait encore assuré aux salariés, la semaine dernière, qu'Orange, client du site, s'était engagé pour un plan de charge intermédiaire d'un an, afin de favoriser la concrétisation d'un projet de reprise. Mais aucune offre n'a été formellement été déposée à l'expiration de la période d'observation.

Deux offres ont été évoquées au cours du redressement judiciaire. Si elles n'ont pas été formellement déposées, ces deux offres éventuellement complémentaires restent d'actualité, selon ces sources proches du dossier citées par l'AFP. L'une d'elle est portée par la société tourangelle Eolane et concernerait 80 salariés pour une activité photovoltaïque. L'autre offre, élaborée par la société Minerva et qui concernerait une centaine de salariés, prendrait la forme d'un atelier partagé de cartes électroniques.

Mercredi, le PDG d'Eolane Paul Raguin a indiqué à l'AFP "continuer à travailler" sur une offre de reprise. Il a ajouté qu'Orange n'avait pas donné suite à sa promesse de commande: "Dès vendredi soir, on savait que Stéphane Richard ne pourrait pas s'engager".

Mais l'opérateur télécoms a répondu à l'AFP "avoir confirmé la proposition d'apporter un plan de charge transitoire en attendant la montée en puissance des activités portées par le repreneur".

Aux côtés de Sagemcom, Technicolor était historiquement un des deux fournisseurs des LiveBox d'Orange, qui avait toutefois mis fin à ce contrat en 2010. En 2011, l'ex-Thomson avait espéré regagner Orange comme client, mais avait finalement perdu le contrat.

BFM Business & AFP