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Side, la start-up qui veut ringardiser les agences d'intérim

Les agences d'intérim sont menacées d'uberisation

Les agences d'intérim sont menacées d'uberisation - This Is Ace Wikimedia commons cc

Cette start-up, qui vient de lancer son service, propose aux étudiants des jobs de manière flexible et totalement dématérialisée.

"Le développement du travail en free lance, qui émerge avec Uber, est une tendance de fond. Dans 5 ans, la moitié des actifs américains auront un second travail complémentaire", prédit David Benzaken, co-fondateur de Side.

Cette start-up, qui a lancé son service en septembre 2015 sous le nom initial de WeSlash, ambitionne de "disrupter le modèle de l'intérim".

Tout est dématérialisé

Première rupture, tout se passe en ligne, que ce soit le dépôt des candidatures, le choix des offres, les démarches administratives: paiement, facturation, assurance, et même la signature du contrat grâce à une signature électronique. "L'ergonomie du site est très intuitive, et propose notamment un espace où l'on dialogue directement avec l'entreprise, ce qui est très pratique", témoigne Thomas, un des 4.000 utilisateurs du service.

Seconde rupture: tout se passe bien plus vite qu'avec les agences d'intérim, qui "mettent longtemps à réagir", selon David Benzaken. Ainsi, le candidat n'a pas de lettre de motivation à rédiger, mais juste à répondre à un court questionnaire et à un entretien téléphonique. Et le paiement des missions (effectué via Stripe et demain via Ayden) est immédiat. Thomas témoigne ainsi: "Dès le lendemain de mon inscription, j'étais déjà dans le bureau de l'entreprise". "Le site promet de répondre en moins d'une journée, mais ils sont encore plus réactifs, et répondent quasi-immédiatement", ajoute Arthur, un autre utilisateur. 

Troisième rupture: "Nous prélevons des frais modestes comparés à ceux des agences d'intérim, qui sont assez élevés et surtout opaques", assure David Benzaken. Précisément, Side prélève 3 euros de l'heure, qui comprennent une assurance de responsabilité civile professionnelle fournie par Axa, afin de protéger le travailleur.

Gérer tout le processus

Certes, d'autres sites sont présents sur ce créneau, comme les petites annonces de l'Etudiant ou Crème de la crème. "Mais ces sites se contentent de mettre en relation l'offreur et le demandeur, alors que Side gère tout le processus", souligne David Benzaken. Thomas confirme: "Side est plus simple et plus intuitif que Crème de la crème, que j'ai testé il y a quelques mois".

Le service est réservé aux étudiants, ou à ceux qui ont obtenu leur diplôme il y a moins de trois ans. Quant aux entreprises, ce sont le plus souvent des start-up, comme The Family, Foodora, Drivy, Doctolib... Au total, 200 entreprises réparties dans une dizaine de villes. "Travailler pour une start-up est valorisant sur le CV, et c'est que je voudrais faire ensuite", souligne Elisabeth, une autre utilisatrice.

Montée en gamme

Le site a démarré avec des tâches qui ne demandent pas de qualification particulière (manutention, coursiers, hôtes d'accueil...) payées 12 euros de l'heure, puis est monté en gamme avec des prestations (traduction, rédaction, photographie...) rémunérées jusqu'à 25 euros de l'heure.

En pratique, une fois l'offre reçue, le site sélectionne les étudiants qui peuvent lui correspondre, leur propose, puis effectue une short list parmi ceux qui sont intéressés par l'offre, et enfin envoie cette short list à l'entreprise. "L'étudiant a la possibilité d'abandonner la prestation au bout d'une journée si cela ne correspond pas à ce qu'il veut faire, mais ça n'est encore jamais arrivé", relève le co-fondateur David Benzaken. 

Seul bémol

Pour les étudiants, l'avantage principal du site est la souplesse des horaires. "C'est très pratique. On accepte les missions que l'on veut, quand on a le temps, ce qui permet de gérer son emploi du temps", souligne Jérémy. "C'est très flexible en termes d'horaires, la plupart des offres sont de quelques heures par semaine", abonde Gaultier.

Seul bémol: les étudiants doivent adopter le statut d'auto-entrepreneur. Pour le co-fondateur David Benzaken, "cela apporte une flexibilité supplémentaire que recherchent les étudiants, mais que n'offrent pas l'intérim ou les CDD. Mais l'étudiant peut garder sa sécurité sociale étudiante, et n'a donc pas à s'inscrire au régime social des indépendants (RSI)". Emeline témoigne: "Les démarches pour devenir auto-entrepreneur sont un peu compliquées, mais le site explique clairement comment les faire". Arthur tempère: "Avec ce régime, les taxes sont seulement de 5,9% pour les 18 à 25 ans, et donc, à travail identique, c'est bien mieux rémunéré qu'un CDD". 

Levée de fonds

Lancé en septembre, le service génère déjà 300 à 400 heures de missions par semaine, cela sans avoir fait aucune publicité. Objectif: atteindre 4.000 heures par mois d'ici l'été 2016, puis le million d'euros de transactions fin 2016.

Pour l'heure, la start-up est financée par les fonds apportés par les fondateurs: trois HEC (Pierre Mugnier, Gaspard Schmitt et David Benzaken), et un diplômé de l'école 42 (Hugo Michalski). Ce quatuor a depuis été rejoint par deux autres diplômés de l'école 42. L'objectif est de lever 0,5 à 1,5 million d'euros d'ici l'été pour développer la notoriété et lancer le service à Londres et en Espagne.

Mise à jour: 1,3 million d'euros ont été levés en juin 2016 auprès de Connect Ventures, Fly Ventures, Kima & TheFamily,

Jamal Henni