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SFR: les centres d'appels protestent contre la méthode Drahi

Les prestataires de centres d'appels travaillant en sous-traitance pour SFR sont concernés de plein fouet par la politique de réduction des coûts.

Les prestataires de centres d'appels travaillant en sous-traitance pour SFR sont concernés de plein fouet par la politique de réduction des coûts. - Jeff Pachoud-AFP

Un appel à la mobilisation des salariés a lieu le 11 juin  dans les centres d'appels internes et externes de SFR. La  réduction drastique des coûts appliquée par la direction de l'opérateur, menacerait de délocalisation ces emplois.

Suite au rachat de SFR par Numéricable, la nouvelle direction a entrepris une réduction "dra(hi)stique" des coûts. C'est avec humour que la CGT présente la journée de mobilisation du 11 juin, organisée dans les centres d'appels internes de SFR, mais aussi chez les sous-traitants français, marocains (avec le syndicat UGTM) et tunisiens (avec le syndicat UGTT).

"Depuis le rachat, la nouvelle direction applique son exigence de réduction de 30% de coûts, lors des renégociations en cours avec ses sous-traitants en centre d’appels", explique le délégué syndical CGT de l'opérateur.

Pour la plupart des sites, cette baisse forcée de leurs prix implique au mieux des restructurations, au pire l'asphyxie. A la clé, se profile une menace sur l’emploi chez ces sociétés dont la plupart des coûts fixes sont représentés par les salaires des conseillers de clientèle qui traitent les appels entrants.

Les salariés de plusieurs prestataires ayant SFR pour client sont concernés par cette mobilisation : B2S, Teleperformance, Sitel et Arvato, notamment. On comprend mieux leur inquiétude quand on sait que certains centres d'appels implantés en province travaillent presque exclusivement pour SFR.

Différents projets seraient à l'étude à la direction de l'opérateur pour réduire le coût de ces achats de prestations externes de centre d'appel.

Altice a promis 4.000 emplois dans les centres d'appels au Portugal

L'hypothèse évoquée par le Canard Enchaîné d'une délocalisation d'un centre de téléassistance de SFR du Maroc vers Madagascar, où les coûts salariaux sont inférieurs à ceux des pays du Maghreb, n'a pas été confirmée, selon la section CGT de l'opérateur.

En revanche, le syndicat croit plus à la réalité du projet consistant pour SFR-Numericable à implanter des centres d’appels au Portugal, qui travailleraient aussi pour l'opérateur français.

Dans ce pays, la maison-mère Altice est en passe de racheter l'opérateur Portugal Telecom. Soucieux de donner des gages sur l'emploi au gouvernement portugais, Altice s'est engagé à créer jusqu'à 4.000 emplois de conseillers de clientèle dans les centres d'appels.

"On s’est rendu compte la semaine dernière qu’une vingtaine de salariés de SFR allaient partir former sur place au Portugal, des salariés aux produits et aux services de l'opérateur français. Alors, on se pose des questions" explique le délégué syndical CGT.

Sur les 55.000 salariés travaillant en France comme téléconseillers chez les prestataires externes, SFR représenterait à lui seul 4.500 postes. "On tire la sonnette d'alarme car on ne peut se satisfaire de cette stratégie de réduction systématique des coûts qui pèse sur toute une filière" explique le délégué syndical.

Frédéric Bergé