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Quand Alibaba s’enrhume, SoftBank éternue

A la Bourse de New York, l'action d'Alibaba s'est effondrée de plus de 10%, avant de clôturer en repli de 8,69%.

A la Bourse de New York, l'action d'Alibaba s'est effondrée de plus de 10%, avant de clôturer en repli de 8,69%. - Jewel Samad / AFP

Le titre de l'opérateur japonais de télécommunications SoftBank a perdu plus de 3% à la bourse de Tokyo, vendredi 30 janvier, après une croissance trop faible et la publication d’un rapport qui accuse Alibaba d’activités illégales.

Ce n’est pas parce qu’on l’on réalise la plus grosse entrée en bourse de l’histoire que tout est gagné. Au contraire. Alibaba vient d’en faire l’expérience.

Le géant chinois du commerce en ligne a affiché, jeudi 29 janvier, des ventes en hausse de 40% sur un an pour le troisième trimestre se terminant fin décembre, à 4,22 milliards de dollars. C’est bien, mais loin d’être suffisant pour les investisseurs qui en voulaient plus. Malgré ce bond que certains qualifient d’extraordinaire, les financiers attendaient une croissance au moins égale à celle du troisième trimestre qui a atteint 52%.

La sanction a été immédiate à la Bourse de New York, où Alibaba avait fait une entrée fracassante en septembre dernier: son action s'est effondrée de plus de 10%, avant de clôturer en repli de 8,69%.

Par contagion, les inquiétudes et déceptions autour d'Alibaba ont pesé de tout leur poids sur SoftBank, l’un des plus importants actionnaires du géant du e-commerce. La claque a été d’autant plus violente que la banque japonaise s'était vantée en novembre de tirer pleinement profit de ses investissements précoces dans le groupe chinois, il y a 14 ans, bien avant son décollage.

Des produits vendus "mettent en péril la sécurité des personnes"

Ces inquiétudes s’ajoutent à un autre évènement plus inquiétant. Mercredi, le titre Alibaba avait déjà perdu plus de 4% après un rapport sévère d'un important organisme gouvernemental chinois. Ce document a fustigé sans aménité les "illégalités" prospérant sur les plate-formes de vente du groupe... laissant redouter des difficultés d'ordre politique pour l'entreprise.

Un rapport, publié en ligne par l’Administration publique du Commerce et de l'Industrie (SAIC) puis rapidement retirée, affirme que "beaucoup de produits vendus en ligne par Alibaba sont en infraction au regard du droit des marques, sont de qualité médiocre ou des contrefaçons, sont interdits ou mettent en péril la sécurité des personnes." Jack Ma, fondateur et PDG du groupe, est habillé pour l’hiver.

Selon le régulateur, "le groupe a longtemps fermé les yeux sur les activités illégales de ses plateformes. [Il] a laissé l'abcès s'infecter jusqu'à ce qu'il devienne dangereux".

Mais ce qui risque d’irriter encore plus la bourse américaine, c’est que ces informations étaient connues. Les autorités ont décidé des les mettre sous le boisseau pour ne pas entraver l'introduction en Bourse du géant chinois du commerce en ligne.

Ces révélations risquent-elles de freiner les ambitions du groupe chinois qui ne cache pas sa volonté de devenir un groupe mondial.

Pascal Samama, avec AFP