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Qualcomm refuse l'offre à 130 milliards de Broadcom

Steve Mollenkopf, directeur de Qualcomm.

Steve Mollenkopf, directeur de Qualcomm. - Emmanuel Dunand - AFP

Le groupe de semi-conducteur a rejeté l'offre de rachat de Broadcom, son concurrent, qui mettait plus d'une centaine de milliards de dollars sur la table. Broadcom maintient néanmoins son offre, qui devient de fait hostile.

Le conseil d'administration du groupe de semi-conducteurs Qualcomm a rejeté lundi l'offre non sollicitée de son concurrent Broadcom, évaluée à 130 milliards de dollars, mais celui-ci l'a maintenue. Cette offre publique d'achat (OPA), désormais hostile, serait l'une des plus grosses de ce type dans les nouvelles technologies. Elle avait été faite le 6 novembre.

"Le conseil d'administration est unanime pour estimer que la proposition de Broadcom sous-évalue significativement Qualcomm au regard de sa position dominante sur le marché des technologies mobiles et nos perspectives de croissance", a affirmé Paul Jacobs, PDG de Qualcomm, cité dans un communiqué. Mais Broadcom a réitéré dans un communiqué son intérêt pour Qualcomm sans toutefois améliorer son offre.

Des investisseurs attendent une offre améliorée

Celle-ci "représente une prime de 28% par rapport au prix de clôture de Qualcomm au 2 novembre 2017, soit le dernier jour de transaction avant l'émergence de spéculations faisant état d'une éventuelle transaction et de 30% par rapport à la moyenne du cours sur un mois", a souligné Broadcom dans un communiqué diffusé après le rejet de Qualcomm.

"Même si nous nous attendions à ce que le Conseil d'administration de Broadcom rejette l'offre initiale comme trop faible, nous pensons que la fusion des deux entreprises pourrait générer d'importantes synergies en créant un leader dans le secteur des puces pour mobiles et un acteur dominant sur le marché des semi-conducteurs. En conséquence, nous prévoyons que Broadcom relève son offre et nous augmentons notre objectif de cours de 76 à 83 dollars", a indiqué David Evanson de Canaccord Genuity dans une note.

Suite à ces développements, l'action de Qualcomm progressait de 1,67% à 65,65 dollars vers 16h50 GMT à Wall Street alors que Broadcom restait quasiment stable à 294,61 dollars. Broadcom propose 70 dollars par action Qualcomm auxquels se rajoutent 25 milliards de dollars de dette pour atteindre un total de 130 milliards de dollars.

Concentration dans le secteur

Qualcomm est déjà lui-même engagé dans le rachat de son concurrent néerlandais NXP, une transaction valorisant ce dernier à 47 milliards de dollars. Broadcom avait précisé en présentant son offre que sa proposition de rachat était valable que Qualcomm réussisse ou non à racheter NXP.

Cette tentative de rapprochement intervient alors que le secteur des semi-conducteurs est en pleine consolidation en raison du développement des technologies liées aux véhicules autonomes et aux objets connectés. Ce mouvement est amplifié par le passage de la 4G à la 5G avec la co-existence des ordinateurs et des smartphones.

Le japonais Softbank a ainsi racheté récemment le britannique Arm Holdings pour 28,5 milliards d'euros, tandis que le géant des puces informatiques Intel a dépensé 16,7 milliards de dollars pour le groupe américain Altera.

En 2015, Broadcom était lui-même né du rachat du groupe américain du même nom par le groupe américano-singapourien Avago Technologies pour 37 milliards de dollars. La nouvelle entité avait conservé le nom de Broadcom mais le siège avait été établi à Singapour. Qualcomm a son siège à San Diego (Californie).

N.G. avec AFP