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Pourquoi Foxconn est prêt à payer une fortune pour s'offrir Sharp

En passant sous pavillon taïwanais, le Japon perdrait l'un de ses fleurons de l'électronique grand public.

En passant sous pavillon taïwanais, le Japon perdrait l'un de ses fleurons de l'électronique grand public. - Justin Sullivan - Getty Images North America/AFP

Le sous-traitant taïwanais propose 2,5 milliards de dollars pour acquérir Sharp, soit 50% de plus que sa valeur réelle. Mais surtout, Foxconn s’engage à assumer une dette évaluée à 6,3 milliards de dollars.

Foxconn s’est bâti une réputation de sous-traitant en assemblant, en autres, les iPhone d’Apple. Mais depuis quelques années, ce groupe taïwanais a l'ambition de ne plus se contenter de travailler au succès des géants de l'électronique grand public. Il désire se tailler une véritable place parmi eux.

Et pour réaliser son voeu le plus cher, Hon Hai Precision Industry, le nom officiel du conglomérat, ne lésine pas à la dépense. Il aurait ainsi proposé 300 milliards de yens, soit environ 2,5 milliards de dollars, pour acquérir la totalité du japonais Sharp, un montant supérieur de 50% à la valeur du groupe.

Il accepterait aussi d’assumer une dette de 760 milliards de yens, soit 6,3 milliards de dollars. Pour Foxconn, la facture approche les 9 milliards de dollars.

Cette information révélée par l’agence de presse Kyodo n’a pour l’instant été confirmée par aucune des deux parties, ni par les banques qui soutiennent le groupe parmi lesquelles SoftBank, ni même par le gouvernement japonais qui a son mot à dire sur un dossier qui le priverait du troisième acteur de poids dans l’électronique après Sony et Panasonic.

Apple aurait même donné son accord à Foxconn

L’histoire entre Foxconn et Sharp ne commence pas avec ce dossier. En 2012, le Taïwanais a fait l’acquisition de 37,6% du capital de l’usine japonaise de Sakai qui, avec Japan Display et LG, produit des écrans pour les appareils mobiles d’Apple. Toujours selon la presse japonaise, le géant californien aurait même donné son accord à Foxconn afin d’améliorer la chaîne de production de l'iPhone. Reste à savoir ce qu’en pense Samsung. Le géant coréen possède 3% du capital de Sharp depuis 2013.

Mais pour Sharp, cette proposition, si elle se confirme, est une bouée de sauvetage bien plus fiable que les deux plans de restructuration imposée par les banques depuis 2012 pour sauver le groupe qui peine entre autres avec ses unités de fabrication d’écran LCD.

Pour sauver cette production, Sharp envisageait même il y a quelques semaines de s’en séparer pour la fusionner avec Japan Display. Apparemment, l'annonce de ce projet a incité Foxconn à faire une offre qui, a priori, ne se refuse pas.

Pascal Samama