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Pour tenter de rassurer les investisseurs, WeWork rogne les pouvoirs de son PDG

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- - Timothy A. CLARY / AFP

Au moment d'entrer en Bourse, WeWork est confrontée aux doutes des investisseurs. Pour les rassurer sur le chapitre de la gouvernance, le groupe va restreindre les pouvoirs de son PDG et fondateur, Adam Neumann.

WeWork n'abandonne pas son entrée à Wall Street, mais se montre plus prudent. Le spécialiste des bureaux partagés, dont les pratiques comptables sont controversées, a confirmé vendredi son intention d'entrer en Bourse cette année. L'entreprise, dont la démarche était considérée comme incertaine en raison du scepticisme de certains investisseurs, indique dans des documents adressés au gendarme américain de la Bourse (SEC) qu'elle compte toujours lever des fonds via cette transaction et arrêtera dans les prochains jours son prix d'introduction.

Selon une source proche du dossier, citée par l'AFP, ce baptême boursier pourrait se faire lors de la semaine du 23 septembre. WeWork devrait entamer lundi la traditionnelle tournée de présentation de l'entreprise aux potentiels investisseurs, a ajouté cette source, ce "roadshow" précédent généralement d'une dizaine de jours l'introduction en Bourse proprement dite.

L'idée de WeWork pour séduire les investisseurs potentiels, et s'assurer un bon accueil lors de son baptême boursier: restreindre les pouvoirs de son PDG et fondateur, Adam Neumann, parmi une série de mesures pour améliorer sa gouvernance. WeWork indique en effet avoir réduit de moitié les droits de vote attachés à la catégorie d'actions dont dispose Adam Neumann et assure qu'aucun membre de sa famille ne fera partie du conseil d'administration.

"Droit de limoger le PDG"

Initialement, WeWork avait divisé ses actions en trois catégories: les titres de catégorie A étaient assortis d'un droit de vote par action, tandis que les titres de catégorie B et C disposaient de 20 droits de vote par action. En l'état, Adam Neumann aurait eu la majorité des droits de vote, lui assurant une mainmise sur l'entreprise. Pour rassurer les marchés, WeWork indique que les titres de catégorie B et C ne disposent plus que de 10 droits de vote par action.

En outre, le conseil d'administration "a le droit de limoger le PDG", assure WeWork, qui ajoute que "tout PDG qui succédera à Adam sera choisi par les membres de notre conseil d'administration, de façon collégiale. Nous ne nous reposerons pas sur un comité de succession". Ces dernières précisions sont importantes parce que Rebekah Neumann, la femme d'Adam Neumann, détient le titre de cofondatrice et de responsable de la marque entre autres.

La mainmise de la famille Neumann et les manœuvres financières de son PDG avaient contribué ces derniers jours à alimenter les incertitudes sur l'entrée en Bourse. La valorisation de l'entreprise a été divisée par plus de deux, à moins de 20 milliards de dollars, ont indiqué dimanche à l'AFP des sources proches du dossier. Adam Neumann est notamment propriétaire de plusieurs des propriétés louées par WeWork et a emprunté de l'argent à la société à des taux d'intérêt avantageux.

J. B. avec AFP