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Pour Orange, la guerre des prix est terminée

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 18 mars.

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 18 mars. - BFM Business

Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a décrypté ce mercredi sur BFM Business les orientations stratégiques du groupe pour 2020 dévoilées mardi.

Orange va investir massivement. Le groupe, qui dévoilait mardi son plan stratégique pour 2020, a prévenu qu'il allait injecter 15 milliards d'euros entre 2015 et 2018 dans ses réseaux, et notamment multiplier par trois ses investissements dans la fibre optique en France. Au lendemain de ces annonces, le PDG du groupe, Stéphane Richard, a considéré que l'ère de la guerre des prix ravageuse dans le secteur des télécoms était terminée, ce mercredi sur BFM Business.

Orange fait le pari que les abonnés vont dépenser plus. Un pari hasardeux? Il ne s'agit pas "de dépenser plus d'argent pour avoir la même chose, mais pour avoir beaucoup plus, infiniment plus", argumente le PDG d'Orange.

"Je ne suis pas dans une vision misérabiliste, déflationniste de cette industrie". Parce que "si l'on dit d'un côté que la révolution numérique va changer le monde, pénétrer notre quotidien, faire naître énormément d'opportunités, on ne peut pas regarder l'avenir en se disant que l'on va faire moins: moins de prix, moins de services, moins de qualité, moins de performance", explique-t-il.

"A nous de satisfaire les besoins nés de la révolution numérique"

En outre, "il y a des cycles dans cette industrie. Depuis trois ans, on est dans la baisse des prix parce qu'il y a eu un changement dans la donne concurrentielle", indique-t-il sans nommer Free. Mais "un nouveau cycle arrive avec des besoins. Le besoin de débit, d'avoir une meilleure connectivité partout. Les gens sont particulièrement agacés de ne pas pouvoir se servir de leur iPad dans un train ou dans le métro, ou sur une autoroute". En définitive, "la révolution numérique fait naître des besoins, à nous de les satisfaire".

Stéphane Richard a admis qu'il n'avait pas connu un seul trimestre de croissance depuis qu'il est arrivé à la tête de l'ex-France Télécom. Le chiffre d'affaires est passé de 45 milliards d'euros à 39. Pour autant, la perte de valeur n'est-elle pas structurelle selon lui. La baisse du chiffre d'affaires est en premier lieu due "à la régulation", qui a coûté "un milliard chaque année" à Orange. Deuxième facteur, "des activités historiques, anciennes, qui baissent inexorablement. On part chaque année avec un handicap". En outre, Orange a "baissé (ses) prix de près de 40% dans la téléphonie mobile depuis trois ans". Mais ce cycle est terminé, aux yeux de Stéphane Richard.

C'est d'ailleurs pour cela que le groupe croit à nouveau dans les boutiques, et compte en ouvrir de nouvelles. "Les boutiques d'opérateurs, cela a été des petites surfaces où l'on se rendait surtout pour choisir un téléphone ou souscrire un forfait. Demain, ce sera des espaces beaucoup plus grands, avec moins de vente parce qu'ils ne seront pas conçus uniquement pour cela. On croit beaucoup à la complémentarité du physique et du digital. D'ailleurs nous le vérifions: en France, nos 27 millions d'abonnés passent chaque année dans nos boutiques.

N.G.