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Pour le PDG d'Orange, Bruxelles est "naïve" face aux géants du web

Stéphane Richard estime que les géants américains du web "rentrent comme dans du beurre" en Europe

Stéphane Richard estime que les géants américains du web "rentrent comme dans du beurre" en Europe - Eric Piermont - AFP

Le PDG de l'opérateur télécoms a estimé, ce jeudi 4 septembre que Facebook, Amazon, Google et Facebook considèrent l'Europe comme un comptoir. Il juge que la Commission européenne fait preuve de beaucoup de naïveté.

Stéphane Richard ne mâche pas ses mots. Lors des quatrièmes rencontres de l'Udecam (Union des entreprises de conseil et d'achat média), le grand rendez-vous annuel des publicitaires, le PDG d'Orange a critiqué le laxisme dont la Commission européenne fait preuve face aux grands noms du web.

"Les autorités européennes ont été souvent naïves par rapport aux grands géants américains, il y a une espèce de fascination" envers ces groupes, a-t-il affirmé.

"Il y a beaucoup de naïveté, le règlement récent entre la Commission et Google est un bel exemple de cette naïveté", a-t-il souligné, faisant référence à l'enquête ouverte par Bruxelles contre Google pour abus de position dominante.

Pour Stéphane Richard, "les Gafa (acronyme désignant Google, Apple, Facebook et Amazon, NDLR) considèrent l'Europe comme un comptoir".

L'Europe est "la cible la plus facile"

"Nous sommes un bassin de clients avec un pouvoir d'achat encore assez élevé, et pour eux, l'Europe est la cible numéro un, je dirais même avant l'Amérique où c'est plus compliqué".

Finalement "la cible la plus facile, celle où ils rentrent comme dans du beurre c'est l'Europe", a-t-il souligné. Stéphane Richard observe "une tentation de pratiques hégémoniques aujourd'hui de la part de certaines de ces sociétés".

Il a cité pour exemple Google qui "a introduit dans le milliard de smartphones que l'on vend chaque année sur la planète un cheval de Troie, qui est leur système d'exploitation Android".

Et le fait que "le moteur de recherche sur internet est assuré à 90/95% dans la plupart des grands pays du monde par Google" pose "une vraie question", "un vrai risque", a-t-il noté.

Sans compter "l'extraordinaire inégalité fiscale entre les opérateurs dits historiques (...) qui paient beaucoup d'impôts-4 milliards d'euros pour Orange -contre les Américains qui n'en paient quasiment pas en Europe", ce qui constitue "un immense problème", note le PDG d'Orange.

Le responsable estime toutefois que les opérateurs européens doivent nouer des relations avec les géants américains de l'internet et "redoubler d'innovation".

J.M. avec AFP