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Pour créer des taxis volants, Uber se paye un expert de la NASA

La vision de Travis Kalanick, cofondateur et patron d’Uber, va plus loin et même plus haut.

La vision de Travis Kalanick, cofondateur et patron d’Uber, va plus loin et même plus haut. - Uber

La voiture volante sans chauffeur est un rêve qu’Uber veut transformer en réalité. Le groupe américain vient de recruter un spécialiste du sujet, qui a quitté la Nasa pour diriger le programme Uber Elevate.

Alors qu'en France, l’actualité d’Uber est dominée par le conflit qui l’oppose aux syndicats de VTC, aux États-Unis, le groupe américain parle du futur. Et pas en évoquant des voitures qui rouleraient sans chauffeur. La vision de Travis Kalanick, cofondateur et patron d’Uber, va plus loin et même plus haut.

Comme le dévoile Bloomberg, le dirigeant a embauché Mark Moore, un ancien de la NASA, pour diriger Uber Elevate, son laboratoire de R&D qui explore les transports du futur. Mark Moore est un spécialiste qui a travaillé sur les VTOL, ces véhicules volants qui peuvent atterrir et décoller verticalement. Cette particularité pourrait permettre de transformer le toit des immeubles en stations pour recharger les batteries de ces engins électriques et pour récupérer et déposer des clients.

Moins cher et plus rapide que la voiture ou l'avion 

Si ce modèle semble s’inspirer de la fiction, il n’a rien d’utopique. Mark Moore a planché sur le sujet pour la Nasa dans le centre de recherche en aérodynamisme de Langley (Virginie), la ville célèbre dans le monde entier pour abriter le quartier général de la CIA.

Un rapport de l’agence spatiale se base sur ses travaux et présente le VTOL comme une solution complémentaire aux transports publics, sans encombrer les rues et les routes, et sans pollution. On trouve également en ligne les travaux de Mark Moore qui détaillent le principe de ces engins, dont des maquettes opérationnelles ont été réalisées.

Moore est un ingénieur, mais il a poussé ses recherches jusqu’à étudier la faisabilité économique des VTOL. Selon lui, en plus de réduire la durée des parcours, ils permettraient de faire baisser le prix d’une course en-dessous de celui des moyens de transport actuels, qu’ils soient aériens ou terrestres.

Un personnage énigmatique

L’ingénieur promet que les premiers tests auront lieu d’ici 2020, sans préciser s’il y aura des passagers à bord, mais il indique que les VTOL auront tout de même besoin de chauffeurs dans un premier temps.

En attendant de pouvoir vérifier si ces promesses se réalisent, Bloomberg s’interroge sur cette nouvelle collaboration, mais aussi sur la personnalité du personnage qui quitte la Nasa un an seulement avant d’atteindre l’âge de la retraite en abandonnant sa pension et la gratuité à vie des frais médicaux.

Selon le quotidien, Moore serait déçu que ses travaux n’aient pas été mieux financés par l’agence spatiale. Uber a-t-il recruté un savant frustré ou un expert convaincu qu’il allait inventer le mode de transport de la ville du futur?

En tous les cas, une chose est sûre, Uber n’est pas la seule entreprise à travailler sur les taxis volants sans pilote. Dans ce domaine, Airbus a lancé le projet Vahana et a même annoncé que les premiers tests auraient lieu fin 2017.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco