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Pokémon Go rapporte 3.920 euros par minute à ses créateurs

Pokémon Go dans les rues de Paris

Pokémon Go dans les rues de Paris - Thomas Samson - AFP

Le cabinet Sensortower a calculé qu'en un mois, le jeu de Niantic et Nintendo a déjà glané 200 millions de dollars de revenus. Des gains sept fois supérieurs à ceux qu'a généré Candy Crush Soda Saga, le dernier épisode de la série culte de puzzle.

Voilà une preuve de plus que Pokémon Go est littéralement en train de révolutionner le business model du jeu en ligne. Selon le cabinet de recherche Sensortower le jeu de Niantic et Nintendo qu'on ne présente plus vient de franchir la barre des 200 millions de dollars de revenus en l'espace d'un mois, soit 3.920 euros par minute.

Tout d'abord sorti en Australie et Nouvelle-Zélande le 5 juillet, les jeu est sorti le lendemain avant les États-Unis avant d'envahir le reste de la planète à quelques exceptions près. Pour donner des éléments de comparaison, Sensortower a mis en parallèle les revenus de Pokemon Go avec ceux générés sur la même période après leur lancement par Clash Royale, le jeu en ligne qui avait atteint le plus vite la barre des 10 millions d'utilisateurs sur mobile avant l'arrivée de Pokémon Go, et ceux de Candy Crush Soda Saga, le dernière épisode de l'hyper populaire jeu sur Facebook.

En l'espace de 32 jours, les Pikachu, Rondoudou et autres Evoli ont ainsi glané deux fois plus d'argent que Clash Royale, et sept fois plus que le dernier né de la série Candy Crush.

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Une meilleure monétisation

Outre la popularité du jeu (qui a franchi ce lundi la barre des 100 millions de téléchargements seulement sur Android) en tant que telle, Pokémon Go semble arriver davantage à monétiser son audience que les précédents mastodontes du jeu en ligne. C'est ce qu'illustrait un rapport de la société Slice Technologies, cité par Techcrunch, fin juillet.

Là où Clash Royale voyait sa base de joueurs payants aux États-Unis fondre après le quatrième jour de lancement, celle de Pokémon Go avait flambé pendant une semaine, avant de redescendre un peu pour atteindre ensuite un plateau. De plus, les chiffres de Slice Technologies montrent que Pokémon Go a réussi à pousser à la dépense des joueurs qui n'ont pas l'habitude de payer. 41% de ses utilisateurs payants n'avaient ainsi pas déboursé le moindre dollar dans un autre jeu vidéo mobile en 2016, selon les données de Slice Technologies.

De plus, il semble que le phénomène a été encore plus marqué au Japon. En effet la courbe des revenus de Pokémon Go faite par Sensortower montre que les gains engrangés par le jeu ont accéléré après le 18 juillet, date de la sortie du jeu au Japon, le berceau de Pokemon. Illustration: le multi champion olympique japonais de gym Kohei Uchimura qui s'est retrouvé avec une facture de téléphone de 5.000 dollars! L'athlète avait eu la bonne idée de télécharger Pokémon Go à Rio avec un forfait téléphonique japonais sans option internationale….

Des sources de revenus diversifiés

Comme bon nombre de titres sur mobile, Pokémon Go est gratuit. Mais pour progresser plus vite ou accéder plus facilement à un certain nombre de contenus, les joueurs peuvent payer des options. Le jeu propose ainsi d'acquérir des "Pokécoins", à raison de 0,99 euro par lot de 100 et jusqu'à 99 euros pour 14.500. Ce type de modèle économique peut conduire l'utilisateur à effectuer des achats frénétiques ou réguliers qui vont l'amener à débourser aisément plusieurs dizaines ou centaines d'euros. En France l'association de consommateur UFC-Que Choisir s'en était d'ailleurs ému en juillet rappelant notamment que les enfants "ne sont pas toujours conscients de dépenses engagées dans les boutiques en ligne".

Mais Niantic, concepteur du jeu, cherche actuellement d'autres sources de revenus. Il a déjà signé un partenariat avec 3.000 restaurants McDonald's pour que la chaîne puisse proposer aux joueurs de combattre dans des arènes virtuelles, réellement situées dans les fast-food de la compagnie. C'est le principe des "lieux sponsorisés" qui permettent à Pokémon Go de générer également des revenus publicitaires. John Hanke, le patron de Niantic, a récemment expliqué au Financial Times vouloir développer davantage ce système de revenus. L'idée est donc d'inciter les joueurs de Pokémon Go à se déplacer dans des lieux (arène, "pokéstops", etc..) qui coïncident dans la réalité avec des bâtiments appartenant à des entreprises.

On rappellera à toutes fins utiles que sur ces 200 millions de dollars, la part de Nintendo reste faible. Selon David Gibson, analyste chez Macquarie, sur 100 dollars déboursé par un internaute, jouant sur son iPhone, 10% vont à l'entreprise nippone, 30% à Niantic, 30% à The Pokemon Company (entreprise détenue par Nintendo, et Game Freaks, le studio à l'origine de Pokemon), et 30% à Apple. Cette dernière se taille donc la part du lion au point que, récemment, la banque d'investissement Needham considérait que le groupe de Tim Cook pourrait, grâce au Pokémon, récupérer 3 milliards de dollars sur une période de 12 à 24 mois.