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Pourquoi Apple peut dire merci au phénoménal succès de Pokémon Go

Juillet 2016 a été pour Apple et son AppStore, le mois de tous les records en termes de revenus générés par le téléchargements d'applications ou d'achats intégrés aux applis mobiles.

Juillet 2016 a été pour Apple et son AppStore, le mois de tous les records en termes de revenus générés par le téléchargements d'applications ou d'achats intégrés aux applis mobiles. - Nicolas Maeterlinck-Belga-AFP

Tim Cook s'est félicité d'un mois de juillet 2016 record pour les revenus induits par sa boutique d'applis mobiles. Un bond qui doit beaucoup au succès du jeu Pokémon Go.

Apple a toutes les raisons de se frotter les mains devant le succès des applications mobiles réunies dans son AppStore. Alors que ses ventes d'iPhone ont encore reculé sur le dernier trimestre connu, son PDG Tim Cook a, dans deux tweets triomphants (cf ci-dessous), révélé que juillet 2016 avait été le mois de tous les records pour sa boutique d’applications.

Jamais les facturations mensuelles induites par ces applis n'ont été aussi élevées, sans qu'il en ait précisé toutefois le montant. De même, les sommes reversées aux développeurs de ces applications à télécharger ont-elles été les plus importantes jamais atteintes. Depuis l'existence de l’App Store en 2008, Apple a reversé un total cumulé de 50 milliards de dollars (45 milliards d'euros) aux développeurs de ces logiciels. 

Apple prélève 30% sur tous les achats intégrés au jeu

Bien que Tim Cook se soit bien gardé de lui en attribuer la paternité, le bond des recettes générées par l'AppStore, s'explique en partie par le succès phénoménal du jeu Pokémon Go. Apple a confirmé que le jeu avait battu le record des téléchargements, sans donner de chiffres, sur sa première semaine de vie commerciale, au début de juillet 2016.

Gratuit au téléchargement, il présente des achats intégrés qui permettent de progresser plus rapidement dans le jeu en acquérant des Poképièces: de 0,99 euro pour 100 pièces et jusqu’à 100 euros pour 14.500 pièces, Apple prélevant sa dîme, à raison de 30% par achat.

La banque d'investissement Needham a même estimé à 3 milliards de dollars (2,7 milliards d'euros), les recettes que pourraient engranger Apple entre 12 et 24 mois grâce à ce jeu. Même si cette estimation est très optimiste, le succès du jeu Pokémon Go valide en partie la stratégie d'Apple. Le constructeur parie sur la génération de revenus croissants issus de son immense base installée d'iPhone, qui a dépassé le milliard de smartphones vendus depuis 2007.

"La réalité augmentée peut être quelque chose d'énorme. Avec le phénomène Pokémon, il s'est passé quelque chose d'incroyable", a d'ailleurs assuré Tim Cook aux analystes lors de la présentation de ses résultats trimestriels fin juillet 2016.

Le possesseur d'iPhone dépense plus

"Nous pensons qu'il y a des choses super pour les consommateurs et une très bonne opportunité commerciale", a-t-il ajouté, relevant que l'aspect primordial était de s'assurer que les produits de la marque à la pomme fonctionnaient bien avec ceux d'autres développeurs: "C'est la raison pour laquelle vous voyez tant d'iPhone dans la nature actuellement en train de chasser des Pokémons".

Apple tire aussi partie du fait que ses utilisateurs sont particulièrement enclins à la dépense avec leurs applications mobiles. Une récente étude d'ApplsFlyer a montré qu’en moyenne, l’utilisateur iOS (logiciel de base de l'iPhone et de l'iPad) dépensait deux fois plus en téléchargements que son homologue doté d'un mobile Android.

Le panier moyen d’un utilisateur iOS est de 12,77 dollars contre 6,19 dollars pour l’utilisateur Android. Concernant la fréquence des achats intégrés aux applications, iOS devance aussi Android puisque 7,1% des utilisateurs d’iPhone et d’iPad effectuent un paiement par mois minimum. Sur Android, le pourcentage tombe à 4.6% des utilisateurs.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco