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Pascal Cagni: "Apple est la seule société pointée du doigt" par Bruxelles

Pascal Cagni ne assume les décisions prises en matière d'optimisation fiscale par Apple

Pascal Cagni ne assume les décisions prises en matière d'optimisation fiscale par Apple - BFM Business

L'ancien directeur Europe d'Apple était l'invité de BFM Business, ce vendredi 9 septembre. Il est revenu sur la décision de la Commission européenne qui exige que le géant américain rembourse 13 milliards d'euros d'aides indues.

Bruxelles épingle-t-elle à tort à Apple? La Commission européenne a rendu une décision tonitruante la semaine dernière, exigeant que le géant américain rembourse pour 13 milliards d'euros d'aides indues à l'Irlande. Bruxelles considère en effet qu'Apple a bénéficié d'un traitement fiscal préférentiel de la part de Dublin, ce que nie le groupe de Cupertino.

Invité de BFM Business, l'ex-directeur général et vice-président d'Apple Europe Pascal Cagni "assume totalement ce qui a été fait" et défend bec et ongles son ancien employeur. "Si il y a bien une société qui suit la loi c'est Apple", fait-il valoir.

Pascal Cagni a rappelé que le taux d'imposition sur les sociétés aux États-Unis est de 35%, "un des rares pays qui a un taux plus fort que la France". "Lorsque vous faites des profits et que vous êtes une structure qui défend les intérêts privés, ceux de ses employés et de ses actionnaires, et que vous avez l'opportunité d'avoir des taux d'impôts plus faibles et avez recours à l'optimisation fiscale, ne nous couvrons pas les yeux!", explique-t-il.

60 employés qui deviennent 6.000

Rappelant que cette pratique est "commune", il estime qu'il est plus facile d'attirer l'attention sur Apple car il s'agit d'une "marque emblématique". "Il est intéressant de voir qu'Apple est essentiellement la seule société pointée du doigt", a ajouté Pascal Cagni, oubliant au passage que Starbucks, Fiat et possiblement Amazon et McDonald's ont des soucis similaires avec la Commission européenne.

L'ex-directeur général d'Apple Europe rappelle "l'incongruité" de la situation, l'Irlande refusant de recouvrer les 13 milliards d'euros d'impôts sur les sociétés.

"Ne nous leurrons pas. Il y a 20-30 ans l'Irlande était un pays extrêmement pauvre. Quand Steve Jobs va à Cork en 1980 et crée 60 emplois qui en devienne 6.000, c'est quelque chose de positif", fait-il valoir. La solution pour lui serait ainsi "un grand lendemain fiscal" avec "plus d'Europe" avec des taux d'imposition unifiés. "Jouer avec les mêmes règles du jeu", résume-t-il.

J.M.