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Orange prévoit une baisse de 12% des factures mobiles en 2013

Le PDG d'Orange a dénoncé "20 ans de régulation consumériste menés de manière obsessionnelle"

Le PDG d'Orange a dénoncé "20 ans de régulation consumériste menés de manière obsessionnelle" - -

Le PDG Stéphane Richard a estimé, mardi 25 juin, que la facture moyenne par abonné allait baisser de 12% à 13% cette année. Mais la marge pour de nouvelles baisses de prix est "réduite".

Le revenu moyen par abonné Orange (ou average revenue per user en anglais) "va encore baisser de 12% à 13% cette année". Telle est la prédiction, faite mardi 25 juin, par Stéphane Richard.

Certes, le PDG d'Orange participe lui aussi à cette guerre des prix, encore récemment en commercialisant une offre fixe et mobile sous sa marque low cost Sosh. "Cette offre connaît des débuts particulièrement encourageants, mais ce n'est pas une agression contre Free", a-t-il déclaré lors d'un colloque organisé par l'EBG.

Toutefois, il pense que les prix pourront difficilement aller plus bas: "la marge à la baisse est aujourd'hui réduite. Mon pari est de stopper l'érosion [des résultats d'Orange] en 2014, puis de repartir sur le chemin de la croissance".

La funeste obsession du consommateur

Cela se fera notamment grâce aux pays émergents. Stéphane Richard a ainsi indiqué être candidat à une licence de téléphone fixe et mobile en Birmanie. "Au premier tour, il y avait 92 candidats. Il n'en reste plus qu'une dizaine. On a des chances raisonnables d'avoir une des deux licences proposées. Ce serait un mouvement majeur".

Le PDG d'Orange assure "avoir les moyens [financiers] de faire des choses à l'international", mais ne compte pas se lancer dans une grande fusion avec un autre opérateur. "Une grande consolidation est séduisante par l'idée et politiquement. Mais elle se heurterait à un tas de difficultés sociales, politiques et boursières. Il n'y a donc pas de projet aujourd'hui".

Accord avec Montebourg

En revanche, il prédit une consolidation chez les autres: "il y a des perspectives de consolidation entre opérateurs fixes et mobiles, si les gendarmes de la concurrence le permettent".

Selon lui, les opérateurs télécoms européens sont en effet "fragilisés et fragmentés" en raison de "20 ans de régulation consumériste menés de manière obsessionnelle". Résultat: "l'Europe est en train de prendre du retard dans le très haut débit".

Sans surprise, Stéphane Richard a donc dit qu'il "approuvait pleinement" la tribune sur les télécoms publiée lundi par le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg.

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Jamal Henni