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Orange-Bouygues: l'État se veut rassurant

Emmanuel Macron a indiqué que l'État surveillerait l'intérêt des consommateurs et les conséquences en termes d'emploi.

Emmanuel Macron a indiqué que l'État surveillerait l'intérêt des consommateurs et les conséquences en termes d'emploi. - Eric Piermont - AFP

Emmanuel Macron a assuré que l'État resterait un "actionnaire de référence" d'Orange en cas de fusion avec Bouygues Telecom. Et a indiqué être attentif aux conséquences sur l'emploi, comme à l'intérêt des consommateurs.

Le gouvernement évaluera le projet de rapprochement entre Orange et Bouygues Telecom selon des "critères simples" comme "l'emploi" et "l'intérêt des consommateurs", a tenu à préciser Emmanuel Macron, assurant que l'État resterait un "actionnaire de référence d'Orange".

"Je regarderai en tant que ministre (de tutelle, ndlr) des Télécoms à l'aune de ces critères cette opération", a ainsi déclaré le ministre de l'Économie, en marge d'un déplacement pour l'ouverture des soldes.

"De l'autre côté, l'État actionnaire regardera la création de valeur" pour évaluer l'intérêt de ce rapprochement, a ajouté le ministre. "Il est un actionnaire de référence qui entend le rester au sein du groupe Orange", a-t-il souligné.

Orange et son concurrent Bouygues ont confirmé mardi être en "discussions préliminaires" en vue d'un rapprochement, six mois après le rejet, par Bouygues, d'une offre de 10 milliards d'euros du groupe Numericable-SFR appartenant au milliardaire Patrick Drahi.

Pas de "position de principe"

Une fusion, suspendue à son acceptation par les autorités de la concurrence en France et à Bruxelles, entraînerait le passage de quatre à trois opérateurs dans l'Hexagone, une situation qui profiterait également à Numericable-SFR et Free.

En juin, Emmanuel Macron avait estimé, lors de l'offre faite à Bouygues par Numericable-SFR, que l'heure n'était pas à la concentration, jugeant que les quatre opérateurs avaient "chacun leur place". En décembre, le ministre avait toutefois précisé ne pas avoir de "position de principe" sur ce sujet, tant que les investissements et l'emploi sont assurés.

La position de la Commission européenne s'est pour sa part durcie au cours des derniers mois, la Commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager préférant une consolidation supranationale à des rapprochements entre opérateurs nationaux, dans l'intérêt des consommateurs. Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a assuré mardi qu'un éventuel rapprochement entre le numéro un des télécoms français et son concurrent Bouygues ne se traduirait "pas par une augmentation des prix".

Y.D. avec AFP