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Numérique: la France recule quand le reste de l’Europe progresse

Dans le rapport européen, la France  obtient une note inférieure à la moyenne des pays de l’Union européenne  et perd deux places dans le classement.

Dans le rapport européen, la France obtient une note inférieure à la moyenne des pays de l’Union européenne et perd deux places dans le classement. - Bertrand Gay - AFP

La France perd deux places dans le dernier classement numérique de l'Union européenne. Pour ceux qui ont fait du numérique une cause nationale, la France doit vite se mobiliser pour que ses grandes entreprises et ses PME rattrapent leur retard.

Le rapport sur l’économie et la société numérique que vient de publier la Commission européenne frappe une nouvelle fois la France dans sa dynamique de modernisation. Elle n’est même pas dans le Top 15. En 2016, la deuxième économie du continent a reculé de deux places dans le classement pour arriver en 16e place derrière le Portugal, l’Espagne et la Lituanie avec une note inférieure à la moyenne européenne. Le Danemark, la Finlande et la Suède dominent le classement. 

Pour établir ce classement, la commission européenne a établi un barème sur cinq critères. La France se classe au neuvième rang dans les compétences numériques et la digitalisation des services publics. Par contre, elle affiche un fort retard dans la connectivité avec les réseaux fixes et mobiles, l’accessibilité à Internet, l’intégration du numérique dans les entreprises. Résultat: elle obtient une note finale inférieure à la moyenne des pays de l’Union européenne. Ce score est identique au précédent, ce qui prouve que la France stagne et que les autres pays de l'union progressent.

Former les grandes entreprises et les dirigeants

Face à ce retard, notamment celui qu'affichent les entreprises, les "têtes pensantes" du numérique ont décidé de prendre des initiatives. Pour former les dirigeants des grandes entreprises, Gilles Babinet, ancien président du Conseil du Numérique, Digital Champion à la Commission européenne, a créé le Mooc de la transformation digitale qui démarrera le 15 mars. Avec ces cours, il veut "enrichir la réflexion des managers et non d’imposer une vérité unique". 

Une vingtaine de dirigeants du digital interviendront dans cet enseignement payant (249 euros). Parmi eux, Yves Tyrode, Chief Digital Officer chez Groupe BPCE, Françoise Mercadal-Delasalles Directrice des Ressources et de l'Innovation groupe chez Société Générale et Amélie Oudea-Castera directrice marketing chez Axa.

De son côté, le Conseil national du numérique (CNNum) a fait ce mercredi des propositions à Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances, et Martine Pinville, secrétaire d'État chargée du Commerce, ce mercredi. Le CNNum propose entre autres de créer un réseau d'accompagnateurs composé de "connecteurs bénévoles" pour conseiller les patrons, et de "connecteurs labellisés" pour fournir des prestations payantes subventionnées par l'État.

Une réponse trop faible des pouvoirs publics

"On n'est plus en situation de pouvoir attendre", a déclaré à l’AFP Amal Taleb, vice-présidente du CNNum. "L'enjeu est beaucoup trop lourd et une réponse trop faible de la part des pouvoirs publics serait désastreuse économiquement parlant et presque criminelle politiquement parlant [...]".

Dans son observatoire sur le numérique, le think-tank Renaissance numérique a listé les propositions des cinq favoris de l'élection présidentielle. Marine Le Pen et Emmanuel Macron en font 10 chacun. Il y en a 18 chez Benoit Hamon et 31 dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. François Fillon est en tête, avec 133 propositions.

Selon Eurostat, 2 PME françaises sur 3 avaient un site internet en 2015, contre 3 sur 4 en moyenne dans l'UE et plus de 90% en Finlande. Et seulement 1 PME française sur 8 est en mesure de vendre ses produits ou services en ligne, soit deux fois moins qu'en Allemagne, d'après un rapport du cabinet Deloitte pour Facebook publié début février. Pire, selon une étude du CESI, 47% des patrons français de PME pensent encore que la transformation numérique est... un phénomène de mode.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco