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Netgem veut racheter Video Futur

Video Futur a lancé une offre qui combine vidéo-à-la-demande par internet et location de DVD par voie postale

Video Futur a lancé une offre qui combine vidéo-à-la-demande par internet et location de DVD par voie postale - -

Trois ans après lui avoir accordé son indépendance, le fabricant de décodeurs réintègre à nouveau le site de vidéo-à-la-demande. L'offre s'est clôturée le 28 mars.

Trois ans après le divorce, Netgem et Video Futur convolent à nouveau en justes noces. En février, le fabricant de décodeurs a lancé une offre sur le service de vidéo-à-la-demande (VoD), offre qui s'est clôturée jeudi 28 mars.

Il y a trois ans, Netgem avait décidé de laisser voler Video Futur de ses propres ailes, en l'introduisant sur Alternext. "En trois ans, le modèle économique des deux sociétés a totalement changé", justifie Mathias Hautefort, directeur général de Video Futur.

Relais de croissance

En effet, la principale activité de Netgem était historiquement la fourniture de la NeufBox de SFR, qui représentait 70% du chiffre d'affaires en 2010. Mais SFR a ensuite décidé de changer de fournisseur. Résultat: le chiffre d'affaires de Netgem s'est écroulé, et l'industriel s'est mis en quête de nouveaux clients, notamment hors de France. L'international représente désormais les deux tiers des revenus, et l'objectif est de doubler ce chiffre d'affaires à l'international entre 2011 et 2014.

Parallèlement, le métier historique de Video Futur, la location de DVD en magasin, s'est aussi effondré. L'enseigne s'est donc partiellement désengagée de cette activité: elle a arrêté en 2011 son activité de vente en gros de DVD aux magasins franchisés. Mais elle exploite toujours 38 magasins en propre.

Elle a trouvé un relais de croissance dans son service de VoD, issu du rachat de la start up Glowria. Elle a notamment lancé un service combinant VoD par internet et location de DVD par voie postale. Ce service -inspiré de l'offre de Netflix qui a rencontré un grand succès aux Etats-Unis- a vu son nombre de clients doubler en 2012, pour atteindre 50.000 abonnés. "Il représente plus des trois quarts de nos revenus", ajoute Mathias Hautefort.

Levées de fonds

Le repositionnement de Video Futur a toutefois été coûteux. La société a dû effectuer trois levées de fonds succcessives de 7,8 millions d'euros auprès du fonds Mousse, de la famille Wertheimer (propriétaire de Chanel), et des deux fondateurs de Netgem, Joseph Haddad et Olivier Guillaumin. Et 2 millions d'euros supplémentaires auraient encore été "nécessaires d'ici 2014 pour éviter un manque de trésorerie", selon les analystes de Kepler. Le plan d'affaires prévoit un retour à l'équilibre en 2014.

L'offre de rachat de Netgem (0,15 euro par action en cash et en titres) valorise Video Futur à 14,4 millions d'euros. L'action avait été introduite à 0,66 euro mais s'était ensuite effondrée.

Certains spéculent sur le fait que la réintégration de Video Futur serait destinée à rendre la mariée Netgem plus belle en vue d'une revente ultérieure. Interrogé, le fondateur et principal actionnaire Joseph Haddad assure que "la sortie des fondateurs est une rumeur infondée", mais ajoute "parler régulièrement à des investisseurs, et plutôt plus actuellement qu'il y a un ou deux ans".

Jamal Henni