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N'en déplaise à Orange,SFR et Bouygues, l'arrivée de Free Mobile aurait créé des emplois

Free et son emblématique leader Xavier Niel, créerait entre 16 000 et 30 000 emplois

Free et son emblématique leader Xavier Niel, créerait entre 16 000 et 30 000 emplois - -

C'est ce qu'affirme une étude réalisée par deux économistes, dont Augustin Landier, invité ce lundi 19 novembre de BFM Business. Selon cette étude commandée par Iliad pour se défendre contre les attaques, Free mobile aurait indirectement créé entre 16 000 et 30 000 emplois.

C’est un son de cloche un peu nouveau. Jusqu’ici les voix s’élevaient pour pester contre les destructions d’emplois que l’arrivée de Free Mobile a occasionnées, dans le secteur des télécom. L’Arcep parlait de 5000 à 10 000 emplois supprimés en "brut" (sans tenir compte des créations d’emploi) et Jean-Claude Mailly, président du syndicat Force Ouvrière, le syndicat Force ouvrière, avançait un chiffre de 30 000 suppressions de postes.

Ce lundi 19 novembre, une étude réalisée par deux économistes, David Thesmar (HEC) et Augustin Landier (Toulouse Business School) et commandée par la société Iliad qui détient Free, souligne au contraire que l’entrée en grande pompe de son offre mobile et ses tarifs ultra-concurrentiels seraient déjà à l'origine de 16 000 et 30 000 nouveaux emplois. Certes, seuls 267 postes ont été effectivement créés dans le secteur des télécoms.

Les créations d’emploi évoquées sont créées de façon indirectes, précise l'étude. Invité dans l’émission le 12-30 de BFM Business, Augustin Landier assure que "le mécanisme est simple. La concurrence, comme la globalisation, donne du pouvoir d’achat, qui est partiellement réinjecté dans l’économie. Du coup, des emplois sont créés".

Les marges "pathologiquement élevées" avant Free

Le chercheur explique que les travaux se sont basés sur des hypothèses très pessimistes. Il retient ainsi une baisse de 10% de la facture mobile pour les Français, ce qui selon lui libérerait 1,7 milliard d’euros de pouvoir d’achat. En supposant qu’une partie est utilisée à l’achat de biens et services, il arrive à la fourchette de 16 000 à 30 000 postes précitée.

Augustin Landier refuse également de considérer que les opérateurs se sont depuis livré une "guerre des prix", elle-même destructrice d’emploi. "Les marges dans le secteur des télécoms étaient pathologiquement élevées. Free les a ramené à des niveaux raisonnables", commente l'économiste.

Il ne nie toutefois pas le problème auquel font face les autres acteurs du secteur. "Forcément les entreprises s’ajustent pour ramener leur productivité à un niveau raisonnable".

Enfin, Augustin Landier considère que les entreprises ne vont pas pour autant cesser d’investir. "On observe beaucoup d’investissements sur la 4G et les entreprises sont encore capables d’emprunter dans de bonnes conditions pour financer leurs projets".

Julien Marion