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Même les agents de la CIA se font pister par leur smartphone

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L'agence de renseignement américaine met au point des technologies liées à l'intelligence artificielle pour permettre à ses espions de passer entre les mailles du filet.

Les nouvelles technologies donnent du fil à retordre aux agents de la CIA. Du moins, d'après Dawn Meyerriecks, directrice adjointe de la division science et technologie de l'agence américaine. Dans une trentaine de pays, les technologies de surveillance seraient si efficaces qu'elles se substitueraient à la filature, a-t-elle indiqué lors d'une conférence sur le renseignement couverte par CNN et organisée à Tampa, en Floride.

Pour se prémunir d'une telle surveillance, et éviter à ses agents d'être suivis malgré eux, la CIA indique travailler sur près de 140 projets liés à l'intelligence artificielle, et ce depuis près de six mois. Avec un lot d’images aériennes et de vues terrestres non classifiées, combinées à du machine learning et des algorithmes d’intelligence artificielle, une équipe de la CIA est ainsi parvenue à créer “une carte des caméras d’une grande capitale”, sans préciser la ville concernée. De quoi permettre aux agents de connaître les endroits où ils sont susceptibles d'être observés. 

Suivi de la géolocalisation

L'agence se penche également sur le piège représenté par les réseaux sociaux et les outils de géolocalisation sur smartphone. Aucune précision n'a été donnée sur les moyens étudiés pour berner ces dispositifs, ou faire en sorte d'endiguer le volume de données personnelles diffusées. Selon CNN, les agents pourraient chercher à échapper aux curieux en faussant leur localisation géographique ou en laissant intentionnellement des appareils à des endroits où eux ne se trouvent pas.

En réalité, la CIA travaille au déploiement d'outils liés à l'intelligence artificielle depuis une trentaine d'années, note The Next Web. En septembre dernier, l'agence avait indiqué que la technologie pourrait aider à prédire des événements important, notamment politiques, ou à analyser le comportement d'individus sur des enregistrements vidéo.

Fin janvier, les militaires français ont été rappelés à l'ordre pour leur manque de vigilance à l'égard de la diffusion de leurs données personnelles. Bon nombre d'entre eux avaient eu recours à l'application Strava dans le cadre d'entraînements sportifs. Le service avait pour léger inconvénient de révéler la localisation de ses utilisateurs. "Nous avons fait un rappel en interne de la nécessité de respecter les règles élémentaires de sécurité en opération, par exemple déconnecter les objets connectés comme les montres, les iPhone ou encore Strava", a souligné le ministère des Armées auprès du Monde. La mise en garde n'aura pas été suffisante pour tous. Fin mars, le numéro deux de la DGSE pouvait encore être localisé grâce à l'application.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech