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Malgré le buzz, Google pousse son robot vers la sortie

"Trois ans à peine après l'avoir rachetée, Google vient de mettre en vente la firme Boston Dynamics qui développe des robots humanoïdes. La vidéo du dernier modèle Atlas avait pourtant cartonné sur YouTube il y a trois semaines."

Mais que fait Google avec ses robots? Il y a à peine trois semaines, la firme faisait le buzz sur internet avec une vidéo d'Atlas (plus de 14 millions de vues), le dernier modèle de robot humanoïde d'Atlas Dynamics. Cette société à la pointe de la robotique avait été rachetée en 2013 pour 500 millions d'euros par la firme de Larry Page. Il faut dire que les robots de cette société créée en 1992 au sein du MIT sont bluffants. Ils se déplacent de manière très réaliste comme des bipèdes. Dans la vidéo de février, une séquence dans laquelle Atlas est maltraité est particulièrement impressionnante.

Une démonstration qui n'a pas impressionné Google, semble-t-il. La société aurait mis en vente voilà quelques jours la société, rapporte Bloomberg. Toyota et Amazon pourraient être sur les rangs mais aucune des deux sociétés ne souhaite commenter l'information.

"Des gens terrifiés"

En tout cas le timing étonne. Pourquoi Google souhaite se séparer de la société moins de trois ans après son rachat et quelques jours à peine après avoir posté la vidéo? Pour deux raisons, à en croire Bloomberg. D'abord parce que la greffe n'aurait pas pris entre Boston Dynamics et les autres équipes du groupe qui travaillent sur les projets robotiques. La business unit baptisée Replicant fait partie de la division GoogleX au sein du groupe Alphabet (l'entité qui chapeaute Google). Et les tensions se seraient accentuées depuis le départ il y a un an d'Andy Rubin, le père d'Android, et l'homme derrière les projets robotiques de Google.

Mais ce n'est pas la seule raison. Bloomberg a eu accès à des messages postés en interne sur un forum qui pointent la responsabilité de la vidéo dans le désengagement de Google. "Il y a eu une grande excitation de la part de la presse techno, mais nous avons aussi commencé à voir des retours négatifs de gens qui se disaient terrifiés par le fait que de telles machines allaient prendre le travail des humains", écrit ainsi Courtney Hohne, une porte-parole de Google. La firme souhaiterait garder une image conviviale et proche des gens.