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Les patrons de start-up sont pro-Macron? Pas celui-ci en tout cas

Tous les start-uppers ne sont pas tous des macronistes fanatiques. C'est le cas de Pierre Chappaz

Tous les start-uppers ne sont pas tous des macronistes fanatiques. C'est le cas de Pierre Chappaz - Eric Piermont - AFP

Pour Pierre Chappaz, fondateur de Kelkoo, Wikio et Teads exilé en Suisse, François Fillon est le seul dont le programme est susceptible de redresser la France.

Emmanuel Macron, le candidat préféré des start-up? Ce serait a priori la logique. Le fondateur d'En Marche, ancien ministre de l'Économie et du Numérique, grand promoteur de la French Tech et de l'économie numérique en général, ovationné en janvier 2016 par les patrons du numérique lors de sa visite au CES de Las Vegas est celui qui semble le plus proche de l'ADN des start-up. D'ailleurs, En Marche n'est-il pas souvent comparé à une start-up en train de "disrupter" le système politique?

Pour autant, tous les start-uppers ne sont pas des macronistes fanatiques. C'est le cas de Pierre Chappaz, 56 ans, figure du monde des start-up en France et blogueur fameux, exilé en Suisse depuis 2000. Pour le créateur de Kelkoo, de Wikio ou plus récemment de la plateforme de vidéo en ligne Teads (que vient de racheter le groupe Altice, propriétaire via SFR de 49% de ce site web), le meilleur candidat à cette élection, c'est plutôt François Fillon. C'est ce qu'il explique dans une tribune publiée sur le site du magazine économique suisse Bilan.

La France au diapason, une première depuis 40 ans

S'il reconnaît que "Macron est sympa, moderne et optimiste", il craint tout de même que son élection ne change pas grand-chose au déclin français. Selon lui, si le programme du candidat d'En Marche "va dans la bonne direction", il ne va pas assez vite et assez fort. 

"Citons quelques exemples: assouplissement des 35 heures oui, mais sans modifier le cadre légal... Économies de 60 milliards oui, mais en même temps dépenses d’investissement de 50 milliards… Réduction du nombre de fonctionnaires? Peut-être de 25.000 par an, moins que l’augmentation annuelle des cinq dernières années... Au final, si je devais donner une note à Macron sur la politique économique, je dirais: Peut mieux faire."

Réformiste convaincu, Chappaz qui a été suppléant aux législatives de 2012 pour un candidat libéral sans étiquette, estime que le programme de François Fillon est le mieux armé pour relancer la machine. "Pour la première fois depuis 40 ans, un candidat à la présidence propose de remettre la France au diapason des grands pays développés en ce qui concerne la liberté économique et les dépenses publiques", écrit Pierre Chappaz qui énumère les mesures dans ce sens: fin des 35 heures, rénovation du code du travail de 3.600 pages, suppression de l'ISF, réduction du train de vie de l'État avec 500.000 fonctionnaires de moins. Un programme très favorable selon lui à la relance de l'économie française et qui profitera aux entreprises, et donc in fine aux embauches.

Les start-up, des entreprises comme les autres

Autrement dit, selon Chappaz, Macron a beau se présenter en candidat de la transformation numérique, c'est Fillon qui serait le plus à même de créer un contexte favorable à l'épanouissement des start-up. Car finalement les attentes des patrons de start-up sont les mêmes que celles de n'importe quel chef d'entreprise: allègement de la bureaucratie, flexibilité et baisse du coût du travail. Et sur ces problématiques, les patrons attendent des mesures d'envergure susceptibles de sortir la France de l'ornière de la croissance atone et du chômage de masse, pas des "demi-mesures, des réformettes" comme Chappaz qualifie le programme d'Emmanuel Macron. Mais le start-upper ne se fait pas d'illusions. S'il précise qu'il votera pour le candidat Républicain, "la victoire de Fillon, après le lynchage dont il a été l’objet, paraît aujourd’hui peu probable", conclut-il.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco