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Le rachat de Bouygues par Drahi serait "une catastrophe"

Les syndicats de Bouygues Telecom et SFR craignent des suppressions de poste en masse dès 2017, à la fin des garanties sur le maintien dans l'emploi chez SFR.

Les syndicats de Bouygues Telecom et SFR craignent des suppressions de poste en masse dès 2017, à la fin des garanties sur le maintien dans l'emploi chez SFR. - JACQUES DEMARTHON - AFP

Les syndicats des opérateurs SFR et Bouygues s'inquiète de l'éventuel rapprochement entre leur deux groupes après que le patron de SFR Numericable a formulé une offre de 10 milliards sur la filiale de télécom de Bouygues.

Le projet de rachat de Bouygues Telecom par le propriétaire de Numericable-SFR, Patrick Drahi, représenterait une "catastrophe pour l'emploi", selon les syndicats. L'offre de 10 milliards d'euros qu'aurait formulée le patron d'Altice, selon les informations du Journal du Dimanche, a été accueillie sans surprise mais avec beaucoup de scepticisme du côté de SFR.

Il y avait "des rumeurs" qui circulaient à ce propos mais "pas d'information" communiquée aux syndicats, selon la CGT. "Le calendrier, si l'offre venait à être acceptée, pourrait correspondre à la fin des garanties du maintien de l'emploi en 2017" prévues chez SFR dans le cadre de la fusion avec Numericable, a poursuivi Fabrice Pradas, délégué central de l'Unsa, premier syndicat chez l'opérateur. "Depuis le rachat par Numericable, nous avions en tête ce scénario", reconnaît-il. Si celui-ci "venait à se confirmer, ce serait une catastrophe pour l'emploi au regard des doublons en interne et dans la filiale telecom", conclut Fabrice Pradas.

Même constat chez Bouygues Telecom: le rachat, qui était "attendu même si la direction nous disait tout le contraire", "va être une catastrophe socialement, parce qu'il y a des doublons partout: on aura deux directions réseau, deux directions informatique, deux directions support", a réagi Azzam Ahdab (CFDT). En cas de rachat, "on va demander et insister pour avoir des garanties par écrit sur le maintien de l'emploi", poursuit le délégué central CFDT, troisième syndicat. "Autrement, il faut s'attendre à un mouvement social d'ampleur" conjointement avec les salariés de SFR, prévient-il.

Drahi "n'est pas endetté, il est surendetté"

Pour le syndicaliste, le projet de Patrick Drahi est "économiquement très dangereux", parce l'homme d'affaires franco-israélien "n'est pas endetté, il est surendetté". Selon le JDD, le patron de Numericable-SFR aurait obtenu "un nouvel emprunt auprès de BNP Paribas" et paierait son acquisition "en cash".

"S'il s'agit d'emprunter de l'argent pour casser des emplois, au détriment des consommateurs aussi, ce n'est pas sérieux et c'est irresponsable comme attitude. Les pouvoirs publics doivent intervenir et ne doivent pas laisser faire", poursuit Azzam Ahdab.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a fait savoir dimanche, dans une déclaration à l'AFP, que "la consolidation n'est pas aujourd'hui souhaitable pour le secteur", notamment au regard de l'emploi. Sceptique, le délégué CFDT affirme qu'il faut désormais "produire ça dans les actes". D'après lui, le groupe Bouygues Telecom emploie actuellement 6.300 salariés, auxquels s'ajoutent quelque 2.000 collaborateurs en comptant les boutiques.

N.G. avec AFP