BFM Eco

Le gouvernement néerlandais porte à 14% sa part dans Air France-KLM, proche de celle de l'État français

AIR FRANCE -KLM chute après l'entrée de l'Etat néerlandais au capital

AIR FRANCE -KLM chute après l'entrée de l'Etat néerlandais au capital - AFP

Le gouvernement néerlandais a annoncé avoir achevé son opération de rachat de parts d'Air France-KLM. Il détient 14% et talonne désormais Paris (14,3%).

C'est une nouvelle offensive. Le gouvernement néerlandais a annoncé ce mercredi avoir achevé son opération de rachat de parts d'Air France-KLM et en détenir 14%, presque autant que la France (14,3%), dans une action visant à contrer l'influence de Paris dans le groupe de transport aérien.

"L'État néerlandais a pris une participation de 14% dans Air France-KLM", a annoncé le gouvernement néerlandais dans un communiqué, au lendemain de l'annonce surprise d'un rachat de 12,68% des parts. Sa participation est désormais valorisée à 744 millions d'euros, a-t-il ajouté, précisant que "l'opération de rachat de parts d'Air-France-KLM est achevée".

Plus tôt dans la journée, un conseil d'administration exceptionnel du groupe franco-néerlandais s'était réuni et avait appelé à la "vigilance" après la première montée au capital du gouvernement néerlandais. Selon le quotidien De Volskrant, le Premier ministre Mark Rutte avait personnellement averti Emmanuel Macron tandis que le ministre des Finances néerlandais avait appelé Bruno Le Maire, mais une fois l'opération terminée.

La Haye craint le transfert des vols de KLM à Paris

Ce dernier a critiqué une "décision incompréhensible et inattendue", estimant que "dans un environnement extrêmement concurrentiel", l'objectif devait "rester le même pour les Pays-Bas comme pour la France: le renforcement d'Air France-KLM".

"La position de KLM s'est sans cesse érodée ces derniers mois", avait déploré le ministre néerlandais Wopke Hoekstra en annonçant la première opération mardi. "Nous avons désormais le pouvoir de vote", a-t-il déclaré, promettant d'être un '"actionnaire actif".

Pour De Volkskrant, le gouvernement s'est senti contraint d'investir dans Air France-KLM, jugeant son influence insuffisante pour protéger les intérêts nationaux. La Haye craint qu'à terme, une grande partie des vols de KLM ne soit transférée à Paris, ce qui ferait perdre à l'aéroport de Schiphol sa fonction de hub, selon la ministre de l'Infrastructure néerlandaise Cora van Nieuwenhuizen.

Paul Louis avec AFP