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Le cloud à l'épreuve des objets connectés

Les prestataires de cloud commercialisent depuis quelques mois des offres spécifiquement conçues pour la gestion des données produites par les objets connectés.

Les prestataires de cloud commercialisent depuis quelques mois des offres spécifiquement conçues pour la gestion des données produites par les objets connectés. - Pixabay

Les fonctionnalités d’hébergement requises étant similaires, les hébergeurs américains comme français ont annoncé le lancement d’offres dédiées à l’IoT depuis quelques mois.

Le monde comptera entre 50 et 80 milliards d’objets connectés en circulation d’ici 5 ans, d’après une étude conjointe de l’Idate et du cabinet Gartner. Bien qu’il ne s’agisse que d’une estimation, une chose est sûre : le cloud computing est bien le socle technologique de ce marché et celui-ci va donc devoir s’adapter. En effet, bien davantage que le mobile, les objets connectés sont synonymes de captation de masses très importantes de données. Des informations, qu’il va falloir stocker, transmettre et analyser. Les hébergeurs commercialisent ainsi depuis quelques mois des offres spécifiquement conçues, étant donné que les fonctionnalités d’hébergement requises sont similaires.

"Dans le monde de l’IoT, on retrouve souvent les mêmes caractéristiques de systèmes et de fonctionnalités. Des objets envoient des messages, accueillis par un bloc fonctionnel, triés, puis redirigés en fonction d’un algorithme. A chaque fois, il s’agit de prendre une décision en fonction du message reçu et de stocker les informations selon leur importance", décrit Arnaud-François Fausse, directeur de département chez Octo Technology.

Un intérêt financier

A partir de ces observations, les hébergeurs ont déterminé des besoins récurrents. Ils ont créé des offres de type Plateform-as-a-service (Paas). Les fabricants d’objets connectés qui y souscrivent peuvent alors déployer des logiciels applicatifs à partir de cette offre cloud IOT de base. "Construire une plateforme IoT de forte capacité coûte cher, c’est un projet complexe qui met en œuvre de nombreuses technologies différentes dont celles du Big data, de la sécurité, etc. Ces offres d’hébergement préconçues ont donc un intérêt en termes de coût", assure Arnaud-François Fausse. Une plateforme de cloud conçue pour fonctionner avec les objets connectés coûte environ un euro par mois et par objet pour un parc de 1 000 à 10 000 objets administrés, mais celui-ci varie en fonction des services inclus.

Amazon, IBM, Google, Salesforce… Les poids lourds américains ont évidemment flairé le filon et le marché évolue à vitesse grand V depuis la fin de cet été. IBM a par exemple annoncé début septembre le lancement d’un service cloud IoT for Electronics, spécifiquement conçu pour les équipements industriels connectés. Début octobre, Amazon annonçait l’avènement de l’offre "AWS IoT", capable de relier les objets connectés à son service d’hébergement à distance classique. Les Français ne sont pas en reste: Bouygues Telecom a lancé en mars une offre dédiée; Orange et OVH ont fait de même en septembre.

Les plateformes vont se spécialiser

Le secteur était déjà occupé par des acteurs de moindre taille, mais déjà spécialisés à l’image de ThingWorx (racheté début 2015 par PTC), ThingSpeak -qui délivre des capacités de calculs scientifiques poussées permettant de faire du machine learning- ou encore Resin.IO. Autre exemple le projet open source Kaa qui s’est spécialisé dans les télécommunications. Pour l’architecte en solutions numériques Thierry Vonfelt, les sociétés du secteur n’ont pas fini de devoir s’adapter aux besoins des objets connectés. "Des avancées sont nécessaires pour mieux sécuriser les données recueillies et transmises et améliorer la gestion d’énormes volumes de données", s’exclame-t-il.

Dans le cas des voitures connectées ou de l’e-santé par exemple, la technologie devra évoluer pour n’agréger que les données nécessaires. "C’est un marché en pleine effervescence, tout évolue très vite. La plateforme telle que nous la connaissons actuellement va rester l’offre en vigueur pendant quelques mois, voire quelques années, mais au-delà ?", s’interroge Arnaud-François Fausse. Réponse dans quelques années.

Adeline Raynal