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La course au taxi-volant est lancée entre les États-Unis, la Chine et l’Europe

Lilum est une start-up munichoise qui veut révolutionner le transport. Face à elle, deux géants: Uber et le chinois Ehang.

Lilum est une start-up munichoise qui veut révolutionner le transport. Face à elle, deux géants: Uber et le chinois Ehang. - Lilium

Cette semaine, Uber et Lilium ont annoncé le démarrage des premiers essais de leurs taxis volants autonomes et veulent ouvrir ces services au public en 2020. L’américain et l’allemand comptent rattraper le chinois Ehang qui a déjà démarré ses tests à Dubaï et aux États-Unis.

Le monde du taxi n’en a pas fini de vivre des révolutions. Après les applis mobiles, les véhicules électriques et avant les voitures autonomes, ils pourraient voir leur profession transformée, avec l'apparition des taxis volants autonomes et électriques. Dans ce domaine, la réalité a déjà rattrapé la science-fiction. Et l’enjeu industriel met face à face l’américain Uber, Airbus, l’allemand Lilium et le chinois Ehang qui veulent tous convaincre les grandes métropoles de la planète d'adopter ces transports d’un futur déjà présent. Pour preuve, Ehang a déjà démarré les tests de ses véhicules volants qui, précision, en effrayent plus d’un parce qu'ils n’ont pas de pilote pour traverser les airs.

Ce taxi volant veut se spécialiser dans les trajets entre les aéroports et les centres-ville.
Ce taxi volant veut se spécialiser dans les trajets entre les aéroports et les centres-ville. © Lilium

L’allemand Lilium ne compte pas encore livrer les passagers à un pilotage automatique. C’est un humain qui a pris les commandes de son modèle testé cette semaine dans les environs de Munich. Et pour cause, il a atteint une vitesse de pointe de 300 km/h. Une performance quand on découvre que cet appareil est équipé de moteurs électriques qui lui offrent une autonomie de 300 km. Mais au-delà de la technique, c’est le modèle économique qui a été dévoilé.

Un trajet en jet autonome moins cher qu'un taxi roulant

L’idée de la start-up munichoise est de transporter jusqu’à 4 clients entre les aéroports et les centres-villes et ainsi d’éviter les bouchons. Elle promet de relier JFK à Manhattan, soit une vingtaine de kilomètres, en seulement 5 minutes au lieu des 55 minutes que mettent les taxis roulants. Mais surtout, ce moyen pourrait être bien moins cher qu’un taxi traditionnel qui demande actuellement entre 50 et 70 dollars. En jet, la course coûtera 36 dollars au début, 13 dollars à moyen terme et à long terme tombera à 6 dollars. Lilium envisage également de réaliser des trajets européens et annonce qu’un Paris-Londres ne demandera qu’une heure.

L'entreprise californienne promet des courses dans ses véhicules volants au même prix que celles des UberX.
L'entreprise californienne promet des courses dans ses véhicules volants au même prix que celles des UberX. © Uber

Face à ces promesses, Uber qui prépare son projet depuis plusieurs années a immédiatement réagi en annonçant le démarrage des tests de son taxi-volant pour être opérationnel dès 2020 pour l’exposition universelle qui se tiendra à Dubaï. Pour honorer ce défi, la société, qui réalise également des essais dans le Texas, a passé des accords avec les autorités du pays pour créer les infrastructures nécessaires, notamment des stations sur les toits des immeubles d’où ces drones pourront attendre les clients pour décoller. Car, à l’inverse de Lilium, il n’y aura pas de pilote. Quant au prix, Uber estime qu’il sera équivalent à une course en VTC, ni plus, ni moins.

Qui osera s'envoler sans pilote à bord?

La société chinoise Ehang est également déjà sur les rangs, avec non seulement un projet identique, mais aussi dans la même ville dont la réglementation semble s’adapter au rythme de l’innovation. L’entreprise qui a créé la surprise dès 2016 en dévoilant son appareil lors du CES de Las Vegas a déjà signé des accords avec les autorités locales et a déjà lancé des tests grandeur nature dans la ville des Émirats Arabes Unis. Le client, puisqu’il n’y a qu’une seule place à bord, commande sa course sur une appli mobile et indique sa destination à bord sur une tablette mobile pour s’y rendre à 500 mètres d’altitude et à une vitesse de 100 km/heure.

Ehang a déjà démarré des tests à Dubaï où quelques téméraires ont déjà essayé ce taxis volant.
Ehang a déjà démarré des tests à Dubaï où quelques téméraires ont déjà essayé ce taxis volant. © Ehang

Ehang ne se limitera pas à Dubaï puisque, en juin 2016, la société a été autorisée par les autorités américaines à mener des essais dans le Nevada pour obtenir un certificat de navigabilité. Ehang ne dit pas si elle compte lancer son service en Europe.

Laquelle de ces trois entreprises sera le leader du marché? Nul ne le sait. Mais les taxis volants pourraient bien prendre les airs bien avant de voir circuler sur nos autoroutes des voitures sans chauffeur.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco