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Jack Ma désamorce le duel entre nouvelle et ancienne économie

Jack Ma a pris la parole quelques minutes après le discours d'Angela Merkel, en ouverture du salon Cebit de Hanovre, le plus important rendez vous mondial de la high tech.

Jack Ma a pris la parole quelques minutes après le discours d'Angela Merkel, en ouverture du salon Cebit de Hanovre, le plus important rendez vous mondial de la high tech. - AFP

Il ne faut pas opposer l'économie traditionnelle au numérique dit Jack Ma. Au contraire ces deux univers peuvent se compléter autour notamment de la gestion des données. Des propos très remarqués prononcés par le fondateur du géant chinois du e-commerce Alibaba, en ouverture du Cebit de Hanovre, le salon mondial consacré à la high tech.

Invitée d'honneur au salon Cebit d'Hanovre, la plus grande foire mondiale consacrée à la high tech, la Chine a laissé le soin à une icône de son économie numérique de prononcer l'un des discours d'ouverture. Jack Ma, fondateur du géant du commerce en ligne Alibaba n'a pas ménagé son plaisir d'être accueilli en grande pompe. Avouant qu'il avait eu du mal à obtenir un stand lors de sa première venue en Allemagne il y a tout juste 14 ans.

Jack Ma (qui rencontrera François Hollande d'ici la fin de la semaine) a notamment insisté sur la transformation digitale de la société, thème majeur du Cebit 2015. Il a affirmé qu'il ne suffisait pas d'être un pure player de l'internet pour être certain de son succès : "tous les géants du secteur sont sur le qui-vive, Amazon, Google et Facebook compris. Ils savent que malgré l'impact énorme d'Internet sur nos sociétés, peu d'entreprises digital natives survivent plus de trois ans".

La réponse se trouve en Europe

Jack Ma a d'ailleurs balayé la supposée bataille entre ancienne et nouvelle économie : "les entreprises spécialisées en nouvelles technologies doivent apprendre de l'industrie traditionnelle pour devenir réellement durables". Il pense également, concernant l'évolution du monde industriel, que la réponse se trouve en Europe, "le berceau de grands groupes comme l'allemand Siemens".

"Ces entreprises doivent trouver le chaînon manquant entre leur métier traditionnel et le numérique. Cela passe par une meilleure exploitation de leurs données", a expliqué Jack Ma. Le fondateur d'Alibaba estime que la richesse va justement se faire autour de l'analyse des données personnalisées et des services qui pourront en découler. "Les machines parleront et penseront. Leurs éléments vitaux ne seront pas l'énergie (pétrole ou électricité) mais bien leur données. Jack Ma explique ainsi que le marché sera davantage porté par le modèle C-to-B que par le B-to-C. "Les entreprises devront en outre se concentrer sur l'agilité et la flexibilité plus que sur la taille et la puissance".

Très sensible à l'élan entrepreneurial, Jack Ma a conclu son discours par une note plus humaine, insistant sur la nécessaire présence féminine à la tête des entreprises. "Je suis persuadé que de plus en plus de femmes vont occuper des postes à haute responsabilité mettant en avant leurs qualités de sagesse, de sensibilité et de responsabilité".

Ses derniers mots ont enfin été l'occasion pour lui de présenter la dernière innovation du groupe Alibaba. Il s'agit d'une solution de paiement sur mobile, composée d'un capteur biométrique et surtout d'un système de reconnaissance faciale pour authentifier la transaction.

Frédéric Simottel