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Hollande attentif au possible rachat d'Alcatel par Nokia

Nokia serait candidat au rachat total d'Alcatel-Lucent.

Nokia serait candidat au rachat total d'Alcatel-Lucent. - Eric Piermont - AFP

L'équipementier télécoms finlandais a annoncé mardi négocier avec son concurrent franco-américain Alcatel-Lucent en vue d'acquérir tout le groupe. Les PDG des deux groupes sont reçus par François Hollande ce mardi.

Ce n'est plus une rumeur. Nokia, l'équipementier télécom finlandais, a confirmé ce mardi négocier avec son concurrent franco-américain, Alcatel-Lucent, un rachat total du groupe.

Le gouvernement français a pour sa part fait savoir qu'il serait attentif aux conséquences sur l'emploi, sur la recherche et développement et sur l'ensemble de la filière télécom en France du projet de fusion. D'ailleurs, les directeurs généraux des deux groupes - Rajeev Suri pour Nokia et Michel Combes pour Alcatel-Lucent - sont reçus ce mardi, à 15h15, par François Hollande. 

D'après une source citée par Reuters, Zaoui&Co serait la banque de conseil d'Alcatel et JPMorgan celle de Nokia.

"Une éventuelle fusion complète"

"Nokia et Alcatel-Lucent confirment être en discussions avancées concernant une éventuelle fusion complète, qui prendrait la forme d'une offre publique d'achat de Nokia sur Alcatel-Lucent", a indiqué Nokia dans un communiqué ce 14 avril, soulignant qu'il n'y avait "pas de certitude à ce stade" que ces négociations aboutissent.

Nokia n'a donné aucun détail supplémentaire, n'évoquant aucun montant ni les raisons qui l'ont poussé à s'intéresser à Alcatel-Lucent.

Le finlandais, numéro un mondial des téléphones portables pendant une dizaine d'années avant d'être dépassé par le sud-coréen Samsung, avait cédé en avril 2014 son activité téléphones portables et tablettes au géant américain du logiciel Microsoft. Depuis, il a gardé dans ses coffres l'essentiel des 5,4 milliards d'euros tirés de cette vente.

Nokia plonge, Alcatel bondit

Lundi, l'agence financière Bloomberg et le quotidien français Les Échos affirmaient qu'Alcatel-Lucent négociait la cession de ses activités mobiles à Nokia, soit une partie du groupe seulement. Des spéculations sur un éventuel rapprochement ou une transaction entre les deux sociétés avaient déjà eu cours fin 2014, sans se concrétiser.

Bloomberg soulignait lundi que Nokia cherchait à s'assurer la bienveillance des autorités françaises, précisant que "des responsables du gouvernement travaillent avec des conseillers" sur un montage préservant des emplois de recherche et développement en France. Pour le finlandais, l'intérêt serait de grandir face à son grand rival Ericsson.

L'idée de Nokia était cependant mal accueillie par les investisseurs, l'action perdant -6,44% à la Bourse d'Helsinki près d'une demi-heure après l'annonce. En revanche, l'action Alcatel a bondi à la Bourse de Paris, de +17%, pour atteindre son plus haut niveau depuis juin 2008, à 4,572 euros.

Nokia emploie près de 55.000 personnes dans le monde, et Alcatel-Lucent près de 53.000.

N.G. avec agences