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Harcèlement sexuel: un ponte de la Silicon Valley démissionne

Shervin Pishevar estime être victime d'"attaques infondées"

Shervin Pishevar estime être victime d'"attaques infondées" - Steve Jennings - Getty Images North America - AFP

Shervin Pishevar a décidé de quitter ses fonctions à la tête de son fonds. Cinq femmes l'ont accusé de harcèlement ou agressions sexuelles.

Accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles, l'un des investisseurs les plus puissants de la Silicon Valley, Shervin Pishevar, a démissionné jeudi de son fonds d'investissement Sherpa Capital, tout en continuant à nier les accusations.

"J'ai décidé de moi-même de mettre fin à ma collaboration avec Sherpa Capital, une décision qui prend effet immédiatement", a fait savoir Shervin Pishevar dans un courriel à l'AFP.

Il avait annoncé la semaine dernière se mettre en congé provisoire de toutes ses responsabilités, au sein de Sherpa, qu'il co-dirigeait, et de Virgin Hyperloop One (projet de train ultra rapide).

Des faits qui, pour certains, remontent à 2013

"Malheureusement, sans surprise, les attaques infondées venant de ceux qui veulent me nuire, ainsi qu'à ma famille, (...) ont perduré même après l'annonce de mon congé", écrit l'intéressé pour expliquer sa décision de quitter définitivement le fonds.

Selon la presse, il a été brièvement arrêté par la police londonienne au printemps après une accusation de viol puis libéré sans poursuites. Depuis cet épisode, il s'estime victime d'une "campagne de calomnie" et a lancé des poursuites judiciaires.

Les accusations ont pris un nouveau tournant tout début décembre lorsque cinq femmes, ayant conservé l'anonymat, l'ont accusé dans la presse de les avoir agressées ou harcelées sexuellement dans un cadre professionnel, des faits remontant pour certains à 2013.

Shervin Pishevar est considéré comme l'un des investisseurs les plus puissants du secteur technologique. Il a notamment investi très tôt dans la société de réservation de voitures avec chauffeur Uber et a co-fondé Hyperloop One.

Le monde de la Silicon Valley, en particulier les investisseurs en capital-risque, est depuis plusieurs années accusé de sexisme et de fermer les yeux sur le harcèlement sexuel.

Avant même l'affaire Harvey Weinstein en octobre, au moins deux "capital-risqueurs" avaient dû quitter leurs fonctions cet été sur fond d'accusations de ce type.

J.M. avec AFP