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Facebook: Mark Zuckerberg n'exclut pas de faire payer les utilisateurs

Auditionné au Sénat, le PDG de Facebook a laissé entendre qu’une version payante de Facebook, dénuée de publicité, pourrait exister.

Connu depuis de nombreuses années, le modèle économique de Facebook gourmand en données personnelles est désormais critiqué de toutes parts. Le 10 avril, les sénateurs américains ont tenté d'interroger Mark Zuckerberg sur ses zones d'ombre. A l'évocation d'un modèle payant pour Facebook, Mark Zuckerberg a répondu: "Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite. C'est notre mission de connecter les gens partout dans le monde et de les rapprocher. Pour ce faire, nous estimons que nous devons apporter un service que tout le monde peut s'offrir".

Dans le cadre du scandale Cambridge Analytica, les données personnelles de 87 millions de profils Facebook ont été siphonnées et utilisées à des fins politiques. Cette dérive tient au modèle économique de Facebook, qui repose sur l’exploitation des données des membres de son réseau. Ces dernières sont mises à profit pour proposer aux annonceurs de réaliser des publicités ciblées, plus à même de toucher des clients potentiels.

C’est en touchant des revenus grâce à cette activité - 40 milliards de dollars en 2017 - que Facebook peut proposer un service gratuit à ses utilisateurs. Ce qui est également le cas d’autres services Web grand public, tels que Google ou LinkedIn, pour ne citer qu’eux.

Une simple "hypothèse"

Les propos de Mark Zuckerberg font écho à ceux de Sheryl Sandberg, la semaine passée. La numéro deux de Facebook a indiqué qu’une version du réseau dénuée de publicité devrait forcément être payante. "Nous avons déjà des options pour se désinscrire de certains ciblages", a-t-elle expliqué auprès de la chaîne de télévision NBC. "Nous ne disposons pas d'un outil pour retirer toutes les publicités ciblées, à un haut niveau. Dans ce cas, nous proposerions un produit payant."

La mise en place d'une version payante de Facebook reste à ce jour une simple "hypothèse", d'après un communiqué de l'entreprise diffusé suite à l'interview de Sheryl Sandberg. Selon un sondage mené par le Washington Post, 16% des personnes interrogées seraient prêtes à débourser 7 dollars par mois pour que leurs données personnelles ne soient pas exploitées par le réseau social. Près de la moitié (42%) seraient en revanche disposées à être rémunérées pour l'utilisation de leurs données.

% d'internautes acceptant le partage de données personnelles contre une récompense.
% d'internautes acceptant le partage de données personnelles contre une récompense. © Statista.

Vous trouverez plus de statistiques sur Statista.

Mark Zuckerberg est convoqué pour une seconde audition ce 11 avril, cette fois-ci devant le Congrès américain. Google et Twitter, qui proposent également des publicités ciblées, seront eux aussi auditionnés. En 2015, Google avait annoncé une version payante de YouTube, sa plateforme de partage de vidéo, débarrassée de publicité.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech