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Evolution du front dans la "guerre des télécoms"

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Aujourd’hui, Videndi va décider qui il prend comme acquéreur de SFR. Les 2 candidats en piste sont Numéricable et Bouygues. Vivendi prendra clairement celui qui à la fois paiera le plus et qui sera en l’état de fournir les fonds le plus rapidement possible.

SFR dont Vivendi veut se défaire est désormais susceptible d’être racheté par deux opérateurs : Bouygues et Numéricable. Un temps Free a donné l’impression de s’y intéresser mais les enchères sont trop élevées pour lui.

Les deux concurrents ont augmenté leur offre cette semaine. On est maintenant aux alentours de 15,5 milliards € dont 11 en cash, soit pratiquement un milliards de plus qu’il y a une semaine, pour une entreprise dont le chiffre d’affaires stagne autour de 10 milliards €.

La décision finale doit intervenir ce matin. 

Qui va l'emporter ?

Difficile à dire car le montant de cash versé à Vivendi n’est pas le seul élément à prendre en considération. D’autres intervenants sont dans la boucle : en premier lieu les autorités de la concurrence aussi bien à Paris qu’à Bruxelles. Elles doivent donner leur accord avant que la transaction n’ait effectivement lieu. Numéricable qui maintiendrait quatre opérateurs met en avant que son dossier devrait en toute logique convaincre plus rapidement les autorités de la concurrence et permettrait donc à Vivendi de recevoir son chèque plus vite.

Et puis l’intervenant supplémentaire est Arnaud Montebourg

Que dit-il ?

Comme souvent, il est difficile à suivre. Il faut constater que normalement l’Etat n’a pas à se mêler de cette affaire. Néanmoins Montebourg a indiqué qu’il était favorable à Bouygues en précisant que la concurrence n’était pas un objectif. Ce qui évidemment, comme d’habitude, est contraire à la politique affichée du gouvernement. Numéricable a répliqué en affirmant qu’il préserverait l’emploi chez SFR alors que Bouygues, faisant jouer des synergies avec son groupe actuel, pourrait aller jusqu’à 3000 suppressions d’emplois. Si Montebourg prend cette assertion pour argent comptant, il est possible qu’il change d’opinion ! Ce qui est le plus intéressant dans l’attitude du ministre, c’est qu’alors qu’il joue souvent le rôle de l’opposant à l’ « establishment », là il est plutôt du côté des acteurs en place et contre le petit nouveau aux dents longues… !

Jean-Marc Daniel