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Emmanuelli: "le devenir du numéro deux des télécoms concerne la puissance publique"

Henri Emmanuelli était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal ce 18 mars.

Henri Emmanuelli était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal ce 18 mars. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le président de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations, et député PS des Landes, a estimé sur BFM Business qu'il était tout à fait approprié que l'Etat se penche sur le dossier du rachat de SFR.

"Le devenir du numéro deux des télécoms en France, même si c'est une affaire privée, ne peut pas échapper à la vigilance du gouvernement". C'est l'avis du député PS Henri Emmanuelli, également président de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations, ce 18 mars sur BFM Business.

Il fait référence à la vente de SFR. Et en creux, aux propos du président de la CDC, Jean-Pierre Jouyet, qui indiquait le 17 mars que la Caisse des dépôts pourrait "accompagner en capital un rapprochement entre Vivendi, SFR et Bouygues". Une déclaration qui a surpris puisque Vivendi était déjà entré en négociations exclusives avec Numericable.

"La limite du fantasme capitaliste"

"Qu'un dossier de telle nature puisse être à l'écart de considération de souveraineté nationale, c'est la limite du fantasme capitaliste", a estimé Henri Emmanuelli ce mardi dans Le Grand Journal.

Le député liste ainsi les enjeux stratégiques que recouvrent ce secteur: "l'emploi, la couverture du territoire, la sécurité des télécommunications... Cela concerne la puissance publique", martèle-t-il.

Le président de la commission de surveillance de la CDC, souvent considérée comme le bras armé financier de l'Etat, rappelle qu'elle "est à la fois actionnaire de Bouygues et de Vivendi, donc il ne serait pas inopportun qu'elle se préoccupe de ce dossier".

Mais "si nous intervenons, c'est à la demande des gens dont nous sommes actionnaires. Ce n'est pas une inspiration de dernière minute, ni l'exécution d'une commande", souligne-t-il.

"Un savoir-faire dans les montages offshore qui m'interpelle"

"On ne peut pas être indifférent sur qui va être le deuxième opérateur français", répète encore le parlementaire. D'autant plus si c'est "quelqu'un de nationalité israélienne, qui a renoncé à sa nationalité française, domicilié en Suisse, et dont le montage de ses affaires montre un savoir-faire dans les montages offshore qui m'interpelle".

Le député socialiste craint en outre que les trois semaines de négociations exclusives entre Vivendi et Numericable n'aillent pas jusqu'à leur terme. "Je ne suis pas sûr que ce ne soit pas programmé pour finir avant. Et cela pose des problèmes", lâche-t-il, sans préciser davantage. Pour autant, il assure que "l'idée que les conseils d'administration peuvent l'emporter sur la puissance publique est une idée à courte-vue".

N.G.