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Droit à l'oubli: les Français en tête des demandes reçues par Google

Google a satisfait les demandes d'un Français sur deux

Google a satisfait les demandes d'un Français sur deux - Pau Barrena / AFP

Les internautes européens peuvent demander à Google de supprimer certains résultats de recherche les concernant. Le géant américain a dévoilé ses chiffres: une demande sur cinq émane de Français.

En près de quatre ans, Google a reçu 655.429 demandes de suppression de résultats dans le cadre du droit à l’oubli. Depuis une décision de la Cour de justice de l’Union européenne rendue en mai 2014, les utilisateurs européens peuvent demander aux moteurs de recherche la suppression de résultats obtenus en cherchant leur nom et prénom en ligne.

Selon le rapport publié par Google lundi 26 février, les Français sont ceux qui, sollicitent le plus le moteur de recherches pour bénéficier de ce droit à l'oubli. Au total, ils ont envoyé 142.000 demandes, soit plus d'une sur cinq (21,8%). Les Français ont ainsi demandé au géant américain le déréférencement de 496.640 URL (20,4%).

Les demandes visent surtout des sites “divers” (49,2% des demandes françaises). Viennent ensuite les annuaires, les sites d’actualités et les “médias sociaux” (blogs, réseaux sociaux).

France: une demande sur deux est acceptée 

Les raisons avancées pour justifier une demande de déréférencement sont généralement la diffusion d'informations professionnelles et personnelles. En France, 10,6% des requêtes concernent les productions de l'auteur de la demande.

Les moteurs de recherche doivent supprimer des résultats dès lors qu'il sont “inadéquats, pas ou plus pertinents, ou excessifs”. Après examen, Google a supprimé 43,5% des URL ayant fait l'objet d'une demande. Pour la France, ce taux est de 48,5%, soit près d'une URL sur deux. Les demandes françaises émanent majoritairement de particuliers majeurs (89,7%) et mineurs (5,3%).

L'annuaire "118 712" et Twitter, les plus visés 

L'annuaire en ligne 118 712 est le site que visent le plus de demandeurs de suppression d'URL en France. En deuxième position on retrouve Twitter, suivi de Facebook.

Domaine pour lesquels Google a supprimé le plus d'URL
Domaine pour lesquels Google a supprimé le plus d'URL © Capture Google

Google ne supprime pas le contenu du site. Si vous ne souhaitez pas que votre numéro de téléphone mobile soit référencé dans l'annuaire 118 712, il faut demander à votre opérateur une inscription sur la liste rouge. Par contre, dans le cadre du droit à l'oubli, Google peut déréférencer cette URL des résultats fournis lors de la recherche de votre nom et de votre prénom.

Le géant américain donne quelques exemples de demandes reçues. En France, un prêtre condamné pour possession d'images d'abus sexuels sur mineurs avait demandé que soient supprimés les articles portant sur sa peine et son bannissement de l'Église. Google n'a pas accepté. En Allemagne, une victime de viol souhaitait supprimer un lien vers un article relatif au crime. Le géant américain a supprimé la page qui comportait son nom.

Pauline Dumonteil