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Comme Amazon, Microsoft va disposer de data centers en France

Microsoft dispose déjà en Irlande de ses propres datacenters ainsi qu'aux Pays-Bas, site qu'il a fait construire en propre. En Allemagne ou probablement en France, il recourt à des prestataires qui disposent déjà de salles informatiques d'hébergement.

Microsoft dispose déjà en Irlande de ses propres datacenters ainsi qu'aux Pays-Bas, site qu'il a fait construire en propre. En Allemagne ou probablement en France, il recourt à des prestataires qui disposent déjà de salles informatiques d'hébergement. - Microsoft

Après Amazon, Microsoft a décidé de proposer en 2017 ses services cloud depuis des data centers français. De quoi rassurer sa clientèle professionnelle locale qui ne souhaite pas héberger ses données hors de France.

Après Amazon, Microsoft veut ses "usines du cloud" sur le territoire français. L'éditeur américain proposera ses services cloud (messagerie, application de gestion) à partir de plusieurs data centers dans l'Hexagone en 2017. La France est le cinquième pays européen où Microsoft disposera d'infrastructures pour héberger dans de vastes salles climatisées, des serveurs stockant les données et applications de ses clients européens.

Des data centers Microsoft sont déjà implantés en Irlande et aux Pays-Bas. Mais ces investissements coûtent cher quand on les réalise seul. L'éditeur américain a aussi noué des partenariats lui permettant d'utiliser les data centers existants de prestataires locaux comme T-Systems (filiale de l'opérateur Deutsche Telekom) en Allemagne.

"Ce nouveau cloud de Microsoft en France offrira les mêmes standards élevés de performance et de fiabilité que les clients attendent partout dans le monde, combinés à la localisation des données sur le sol français afin de faciliter la transformation numérique des entreprises et des organisations en France" explique Vahé Torossian, président de Microsoft France.

S'affranchir de la menace du Patriot Act américain

Le dirigeant de la filiale fait une allusion directe à la réticence qu'ont nombreuses entreprises ou administrations publiques à faire stocker les données de leur salariés et de leurs clients (ou usagers) en dehors de l'Hexagone. Dans un secteur comme la santé publique, il est même impératif d'héberger les données numériques confidentielles des patients, en France. 

En outre, les entreprises européennes ont toutes en mémoire, l'arrêt en 2014 d'un juge américain qui contraignait Microsoft à révéler, au nom du Patriot Act, à la justice de son pays, le contenu de messages électroniques alors que ceux-ci étaient stockés dans son data center de Dublin, en Irlande.

De son côté, Salesforce, l'éditeur américain de logiciels de gestion pour entreprises, a choisi les data centers français de son partenaire Interxion, pour proposer aux sociétés locales d'avoir leurs données stockées en France. Parmi les géants américains du cloud, Google est désormais le seul à rester imperméable aux sirènes de ceux qui voudraient bien le voir disposer d'un data center en France. Il a déjà ses propres "usines du cloud" en Belgique, en Finlande, en Irlande et aux Pays-Bas

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco