BFM Business

Avec Drive.ai, Apple poursuit sa conquête de la voiture autonome

-

- - Emmanuel DUNAND/AFP

Cette start-up américaine développe des navettes autonomes et illustre les ambitions de la firme à la pomme. Des ambitions jamais officialisées mais réelles.

Apple fait un pas supplémentaire pour embarquer dans le prometteur marché des véhicules autonomes. La firme a confirmé s’être offert la start-up Drive.ai qui développe notamment des navettes autonomes qui circulent au Texas.

Le montant de la transaction n’a pas été communiqué mais selon les spécialistes, il devrait tourner autour de 80 millions de dollars (le montant de son unique levée de fonds) alors que la jeune pousse serait valorisée autour des 200 millions de dollars. Mais celle-ci traverse des difficultés depuis plusieurs mois et envisageait même de mettre la clé sous la porte.

Apple met surtout la main sur une équipe d’ingénieurs (une pratique connue sous l'expression "acqui-hire" pour achat-recrutement) qui a développé des technologies exclusives et notamment un kit de conduite autonome (caméras, lidar, plateforme logicielle de deep learning) adaptable sur des véhicules de série.

Voila de quoi relancer les spéculations autour du fameux projet Titan d’Apple, jamais officialisé mais qui prend forme à mesure que la pomme rachète des spécialistes des technologies liées à la voiture autonome.

L’industrie perplexe

Le retour au bercail en août dernier de Doug Field qui a passé cinq années chez Tesla accrédite également la thèse d’une ambition forte chez Apple. Tout comme le recrutement de Chris Porritt, ancien vice-président en charge de l’ingénierie de Tesla et ex-ingénieur chez Aston Martin.

Le géant américain n’a jamais communiqué sur ce projet et chacun y va de son hypothèse. Et ce depuis 2015, date des premières rumeurs. Mais au vu de sa politique d’acquisitions et de recrutements, il semble que l’objectif soit passé du développement en propre d’une voiture électrique à celui d’une plateforme de conduite autonome. Difficile de s’improviser constructeur automobile.

La pomme aurait d’ailleurs déjà fait produire une flotte de 66 voitures autonomes actuellement testées en Californie.

En tout cas, pour le moment, Apple ne fait pas trembler les acteurs de la voiture autonome. En 2016, Elon Musk, le p-dg de Tesla s’était montré ironique : « Ils ont recruté des personnes que nous avions licenciées. Nous appelons toujours en plaisantant Apple le 'Cimetière Tesla'. Si vous ne le faites pas à Tesla, vous allez travailler chez Apple. Je ne plaisante pas ».

Google loin devant

Et le géant peine à convaincre l’industrie. Des négociations avec les groupes BMW et Daimler (Mercedes…) auraient ainsi échoué. Apple voulait garder la main sur les données conducteurs utilisant sa plateforme, ce qu’auraient refusé les deux constructeurs allemands.

S'il y en a un qui est avance sur ce terrain, c'est Alphabet (Google) avec sa filiale Waymo. Ce dernier est celui qui a procédé au plus d'expérimentations, en totalisant 64 % de l'ensemble des kilomètres parcours par les opérateurs d'automobiles autonomes en Californie. Ses véhicules autonomes sont par ailleurs plus efficaces.

Selon des données livrées par l'Etat de Californie, les chauffeurs de secours n'ont en effet eu à intervenir qu'une fois tous les 11 018 miles en 2018, contre une fois tous les 5 205 miles pour son plus proche rival Cruise Automation, la filiale de General Motors. Apple est en queue de peloton.

Le chemin sera encore long avant que les autorités n'autorisent la commercialisation de ces services de voitures autonomes. De quoi laisser le temps à Apple de s'aligner...

Olivier CHICHEPORTICHE