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Restaurants et boulangeries en tête des procédures collectives, selon les tribunaux de commerce

Tous secteurs confondus, il y a eu l'an dernier en France 37.468 procédures collectives, soit une augmentation de 52% sur un an, mais cela fait 15% de moins qu'en 2019, avant la crise sanitaire.

Les restaurants et les boulangeries sont les activités pour lesquelles les procédures collectives (liquidations, redressements judiciaires, sauvegardes) ont le plus augmenté en 2022, selon un bilan publié mardi par les greffes des tribunaux de commerce.

La hausse par rapport à 2021 de ces procédures est de 119,8% pour la restauration traditionnelle, de 117,6% pour les boulangeries et boulangeries-pâtisseries, et de 112,3% pour la restauration rapide, selon le Bilan national des entreprises pour 2022 publié par le Conseil national des greffiers avec l'institut Xerfi Spécific.

"La boulangerie-pâtisserie est le secteur qui a le taux de procédures collectives le plus élevé, avec 2,5% du total des entreprises" de ce secteur concernées, a détaillé lors d'une présentation à la presse Laurent Frelat, vice-président de Xerfi Spécific.

Dans près de quatre cas sur cinq, les procédures judiciaires sont des liquidations directes, qui se traduisent par une disparition de l'entreprise.

Premier trimestre 2023 mal orienté

"L'envolée des coûts de l'énergie affecte tout particulièrement des activités comme la boulangerie-pâtisserie, la restauration (traditionnelle, rapide), les petites structures de transport ou de services de proximité (coiffure, habillement, réparations...)", constate l'étude.

Tous secteurs confondus, il y a eu l'an dernier en France 37.468 procédures collectives, soit une augmentation de 52% sur un an, mais cela fait 15% de moins qu'en 2019, avant la crise sanitaire.

Grâce aux aides gouvernementales notamment, le nombre de défaillances d'entreprises et de procédures judiciaires devant les tribunaux de commerce avait atteint durant la crise sanitaire un niveau historiquement bas.

Les greffiers et l'institut Xerfi s'attendent aujourd'hui à "une première moitié d'année 2023 encore mal orientée", avec une forte hausse des procédures, même si leur augmentation a fléchi au quatrième trimestre sur un an (+49%) par rapport au troisième (+72,7%).

Selon le bilan, le nombre d'immatriculations au Registre du commerce et des sociétés (RCS) s'est replié l'an dernier de 6,2% par rapport à 2021, tombant à 573.132 (hors Alsace-Moselle, où les tribunaux de commerce n'existent pas), en dépit du fait que l'ensemble des créations d'entreprises, qui inclut des auto-entrepreneurs non enregistrés au RCS, a atteint en 2022 le record historique de 1,072 million, d'après l'Insee.

Enfin, les radiations d'entreprises ont progressé l'an dernier de 11,6%, soit 346.511 entreprises radiées par les tribunaux de commerce. Pour dix entreprises nouvelles au RCS, six ont été radiées.

OC avec AFP